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Revue de marché

B-R & H Finance - Purement indicatif - 2 september 2026 / 8h30 CET

B-R & H Finance - Purement indicatif - 2 september 2026 / 8h30 CET
Bessent, Warsh et le dollar
Le marché obligataire américain est devenu le théâtre d’une divergence entre Scott Bessent, secrétaire au Trésor, et Kevin Warsh, président de la Fed. Bessent souhaite accroître les rachats de dette à long terme afin de calmer la hausse des rendements et de limiter le coût du financement américain. Warsh défend une ligne plus orthodoxe : les taux longs doivent refléter le vrai prix de l’argent et la réalité budgétaire.
Le désaccord est plus politique qu’il n’y paraît. Les États-Unis doivent financer une dette publique qui dépasse Usd 40'000 milliards. Empêcher les taux de monter sans corriger les déficits peut rassurer à court terme, mais déplace potentiellement la pression vers le dollar.
C’est ce qui explique le retour du « debasement trade ». En août, l’or (+8%) et le bitcoin (+22%) ont progressé de concert, portés par l’idée qu’une politique budgétaire expansive, combinée à des taux contenus, pourrait affaiblir la monnaie américaine. L’or n’est pas le bitcoin, et aucun des deux ne remplace le dollar (-0.7% contre le CHF). Mais tous deux servent, à leur manière, d’assurance contre une perte de discipline monétaire.
Moderna, BioNTech et le cancer
Moderna (+156%) et Merck ont franchi une étape importante : leur vaccin personnalisé à ARN messager, associé au Keytruda, a atteint ses objectifs principaux dans une étude de phase III chez des patients opérés d’un mélanome à haut risque. Le suivi à cinq ans de l’étude précédente avait déjà montré une réduction de 49% du risque de récidive ou de décès.
La même semaine, BioNTech et Roche ont abandonné une étude de phase intermédiaire dans le cancer colorectal, faute de perspective suffisante de bénéfice clinique. Le message est sain : l’ARN messager ouvre une voie thérapeutique crédible, mais chaque cancer demeure un cas particulier.
Nvidia : croissance, marge
Nvidia a encore dépassé les attentes. Au deuxième trimestre de son exercice 2027, le chiffre d’affaires a atteint Usd 96.2 milliards, +106% sur un an ; le bénéfice net a progressé de 126%, à Usd 59.7 milliards. Les centres de données ont généré Usd 89 milliards de ventes.
La marge brute reste exceptionnelle, à 75%, mais devrait se rapprocher de 74% au trimestre suivant. Elle demeure très élevée ; le sujet est désormais de savoir quelle part de cette croissance spectaculaire Nvidia pourra durablement conserver.
Septembre, le mal-aimé
Septembre reste historiquement le mois le moins favorable aux actions américaines. Depuis 1928, le S&P500 y affiche un rendement moyen de -1.17% et a reculé dans 56% des années.
Cela ne constitue pas une stratégie d’investissement. Mais après un été souvent calme, septembre est régulièrement le moment où les marchés se remettent à regarder les taux, les bénéfices et les risques politiques avec un peu moins d’indulgence mais les Midterms approchent avec leur lot de calculs politiciens…
Quelques chiffres
1 sur 100 — Parmi 443 métiers étudiés aux États-Unis, les chauffeurs de taxi et les ambulanciers affichent la plus faible part de décès attribués à Alzheimer, contre environ 1 sur 60 dans l’ensemble de la population active.
0 — Depuis le sommet atteint pendant la pandémie, la dette publique rapportée au PIB a reculé de 22 points en Espagne, 19 en Italie, 16 en Allemagne et au Japon, 5 aux États-Unis… et de zéro point en France.
876.5 millions — En 2025, Candy Crush Saga a encore généré Usd 876.5 millions de revenus, treize ans après son lancement. Pourtant, seuls 4% des joueurs, parmi ses 81.5 millions d’utilisateurs mensuels, payent une souscription.
Editorial
“Pathétique”
C’est le mot choisi par ma femme pour qualifier cette histoire :
Le 20 août, à huit heures du matin, RTL ouvrait son journal sur Chanel. Non pas la maison de la rue Cambon, ni un défilé, ni même une acquisition dans le luxe. Chanel est une chatte de bientôt deux ans, perdue sur une aire de l’A43, en Isère, lors du départ en vacances de ses maîtres le 8 août. Pendant 12 jours, sa “famille” a renoncé à ses vacances dans le Sud, loué une chambre au Formule 1 près de l’autoroute, organisé des rondes nocturnes et acheté des caméras infrarouge. Le père est reparti travailler; la mère et les enfants continuent de chercher. Une récompense de Eur 500 a même été promise.
L’histoire est touchante, évidemment. Un animal perdu n’est pas un simple incident logistique. Il est un être familier, avec ses habitudes, ses silences, sa place dans une maison. On comprend la fidélité presque obstinée de cette famille, son refus de partir comme si de rien n’était. Chanel est, disent-ils, « un membre de la famille ». C’est devenu une formule courante, mais elle dit quelque chose de vrai: nos animaux occupent désormais une part affective que les familles plus dispersées, les vies plus urbaines et les liens plus intermittents ont peut-être laissée vacante.
Ce qui intrigue davantage est la place prise par cette aventure dans le bulletin national de huit heures. Première information du matin. Avant l’économie, les tensions internationales, l’état des finances publiques, l’école, le logement, l’hôpital. Il est possible, bien sûr, que le 19 août ait été un jour particulièrement pauvre en événements. Cela arrive. Mais il est aussi possible que Chanel ait simplement réuni tout ce que le média contemporain recherche: une émotion immédiate, une histoire sans camps, des visages sincères, une autoroute, des enfants et, au bout du récit, l’espoir d’un heureux dénouement.
Il ne s’agit pas de prétendre que RTL ne parle jamais d’économie, de politique, de logement, de retraite ou de ce qui travaille silencieusement la société française. La station en parle, souvent et parfois très bien. Mais un journal n’est pas seulement la somme de ses sujets. C’est aussi leur ordre. L’ouverture donne le ton, désigne l’affaire qui doit entrer la première dans les cuisines, les voitures, les bureaux et les esprits. Ce matin-là, ce n’était ni une réforme, ni une guerre, ni un choix collectif. C’était un chat.
L’été, l’attention publique se fixe sur les incendies, les chaleurs record, les orages, les accidents de la route. Ce sont des événements sérieux, parfois tragiques, mais ils ont une vertu médiatique décisive: ils se voient. Ils produisent des images, des victimes, des témoins, une carte rouge ou orange, un avant et un après. Ils transforment l’angoisse diffuse en spectacle tangible. Il faut croire que nous supportons mieux la catastrophe lorsqu’elle a la forme d’un brasier à l’horizon que lorsqu’elle prend celle, plus lente, d’une école qui décline, d’un hôpital qui s’érode ou d’un pays qui vieillit.
Une société qui ne ferait aucune place à l’anecdote, au fait divers ou à l’émotion serait invivable. Mais pourquoi avons-nous besoin que le monde nous soit présenté sous la forme d’un animal perdu, d’un chanteur déchu ou d’un ciel en feu pour accepter de le regarder?
Peut-être parce que les grandes questions n’ont plus d’auteur identifiable. Personne ne peut être tenu seul responsable du vieillissement, du sentiment de déclassement, de la dette ou de la fatigue démocratique. Elles ne proposent ni coupable commode, ni sauveur (surtout à 8 mois de la présidentielle), ni dernier épisode. Elles exigent du temps, des nuances et, surtout, la reconnaissance que nous sommes collectivement impliqués. Ces sujets ne sont pas abstraits. Ils sont seulement moins photogéniques, et n’offrent pas le confort moral d’une compassion sans conséquence.
Par ailleurs, le chat n’est plus seulement l’animal domestique discret des romans bourgeois ou des cours d’immeuble. Il est devenu une petite industrie affective: une créature à la fois indépendante, et infiniment déclinable. Les contenus félins attirent massivement l’attention sur les réseaux sociaux; en 2023, le mot-dièse #cat a cumulé 502 milliards de vues sur TikTok, tandis que #catsofinstagram dépasse les 200 millions de publications. La recherche montre aussi que les animaux-influenceurs génèrent davantage d’engagement et de propension à l’achat que les influenceurs humains, notamment parce qu’ils paraissent plus crédibles… Hello Kitty en est sa version industrielle et mondiale. Le personnage, qui n’est officiellement pas un chat mais une petite fille dessinée sous les traits d’un félin, est devenu l’une des franchises les plus rentables de l’histoire; la marque est estimée à Eur 6 milliards et génère environ Eur 600 millions de chiffre d’affaires.
Chanel n’est pas un prénom anodin, c’est pas Chanelle (comme flanelle). Le luxe a quitté les vitrines pour entrer dans les foyers, jusqu’aux gamelles et aux paniers. Une amie possède un Rrrrrolex espagnol; d’autres promènent des Gucci, des Dior ou des Bentley. Ce n’est pas seulement un clin d’œil. C’est le signe que le luxe est devenu moins une possession qu’un langage. Il sert à baptiser l’affection, à mettre un peu de prestige sur le quotidien.
Chanel sera peut-être retrouvée. On le souhaite sincèrement à sa famille. Mais l’histoire de cette ouverture de journal est peut-être ailleurs: dans cette étrange civilisation qui, devant les problèmes les plus vastes, demande d’abord qu’on lui raconte quelque chose de (tout) petit.
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Investissements

Niveaux indicatifs au 30 août 2026 - 11h CET
Chiens, chats
Nous avons payé Chf 1'800 pour l’extraction d’une dent et des soins dentaires à Zippo, le chien de nos parents. Un montant est exorbitant et révèle que le vétérinaire peut désormais proposer, et facturer, des actes autrefois réservés à la médecine humaine mais à des prix biens supérieurs. Pour les jeunes praticiens, la médecine des animaux de compagnie est devenue un véritable eldorado professionnel, comparable à l’essor de la chirurgie esthétique au début des années 2000.
Le marché des animaux de compagnie ne repose plus seulement sur le nombre de chiens et de chats. Dans les économies développées, il s’agit d’un marché arrivé à maturité. La croissance vient surtout de la place nouvelle occupée par l’animal dans la famille : alimentation spécialisée, prévention, médicaments, diagnostics et soins parfois très sophistiqués. Aux États-Unis, le secteur a représenté Usd 158 milliards en 2025 et devrait atteindre Usd 165 milliards en 2026.
Mars illustre cette mutation. Le fabricant de M&M’s, Snickers, Pedigree, Whiskas et Royal Canin est aussi devenu le premier groupe mondial de soins vétérinaires, avec près de 3'000 cliniques. L’entreprise n’est pas cotée, mais son modèle montre où se déplace la valeur : de la gamelle vers le cabinet, puis vers le laboratoire.
Pour l’investisseur, la meilleure exposition n’est donc pas nécessairement la croquette. Les diagnostics vétérinaires offrent une exposition particulièrement intéressante. Chez IDEXX, les revenus récurrents du diagnostic représentaient environ 79% du chiffre d’affaires en 2025. Même lorsque les visites ralentissent, les vétérinaires réalisent davantage d’analyses à chaque consultation.
L’assurance constitue l’autre frontière. Moins de 4% des animaux sont assurés en Amérique du Nord, contre 28% au Royaume-Uni et 67% en Suède. Le marché garde donc du chemin, mais avec une réserve : l’inflation des frais vétérinaires oblige les assureurs à relever leurs tarifs sans décourager leurs clients.
Le chien reste un compagnon. Il est devenu, aussi, un patient.
J’ai aperçu dans les yeux des chiens une lueur fugace de mépris stupéfait ; je suis convaincu qu’ils nous prennent pour des fous.
John Steinbeck
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