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Revue de marché

B-R & H Finance, niveaux indicatifs, 17.03.2026 / 19h15 CET

B-R & H Finance, niveaux indicatifs, 17.03.2026 / 19h15 CET

B-R & H Finance, niveaux indicatifs, 17.03.2026 / 19h15 CET
Méfiez-vous de l’eau qui dort
La hiérarchie de la quinzaine a été dictée par un seul événement : le conflit avec l’Iran qui a propulsé le Brent et le WTI à +27 et +29% depuis le début du mois, plaçant le pétrole au sommet de toutes les classes d’actifs. Ce qui fut une mini suprise fut la baisse des rendements obligataires : le 10 ans américain comme le 10 ans allemand, signe que les marchés ont choisi de pricer un choc de croissance plutôt qu’un choc de prix. Par ailleurs, la Fed ayant indiqué qu’elle regarderait au-delà de la volatilité conjoncturelle liée au conflit et l’indice CPI de février étant conforme au consensus, le marché a maintenu son interprétation de taux directeurs inchangés.
Au sein des actions, la rotation est désormais structurelle plutôt que tactique. L’Énergie et les Services publics dominent tous les secteurs avec +16,9% depuis le début de l’année, et 50% des titres sont toujours classés haussiers ; les Communications sont également soutenues. Tout le reste se délite : la Technologie n’affiche que 8% de titres haussiers, les Services financiers 9%, et les secteurs exposés au consommateur : Bureautique , Médias et édition sont sous pression.
La Suisse est le pire marché régional ce mois-ci avec -6,5% et seulement 2% des titres en tendance haussière, Sika, Roche et Richemont cédant tous entre 12 et 16%. L’exposition helvétique aux industriels de précision, au luxe et à la santé en fait un excellent indicateur des secteurs qui se contractent.
La Chine, à l’inverse, est quasiment stable depuis le début du mois à -0,1% portée par les signaux de la CSRC sur la réforme de ChiNext.
Le dollar s’est renforcé : EUR/USD -3,1%, USD/CHF +2,6%, en raison de la combinaison du risque au Moyen-Orient et de données américaines solides renforçant son double rôle de valeur refuge et de rendement.
Avec moins d’un titre sur dix haussier dans la technologie ou la finance et une Europe globalement négative depuis le début de l’année, la stabilité apparente des indices devient de plus en plus une fonction de l’énergie et d’une poignée de dossiers liés à l’IA. Ce n’est pas une base, c’est un rétrécissement. Le cycle ne s’élargit pas, il se concentre, et ce type de concentration (pyramide inversée) n’a pas tendance à perdurer.
Quelques chiffres
Aux US, on a suivi 600'000 anciens combattants : chez ceux traités par GLP‑1, les décès liés à l’addiction aux drogues ont été divisés par deux, les overdoses réduites de 39% et les idées suicidaires de 25%.
Au niveau mondial, 50 millions de personnes pourraient être sous GLP‑1 d’ici 2030, selon UBS, tant ces traitements contre obésité et diabète s’installent dans la durée.
268 milliards Usd de ventes annuelles attendues pour les analogues GLP‑1 en 2030, contre 54.8 milliards en 2024, soit une croissance de plus de 30% par an.
Editorial
Pourquoi les Etats Unis doivent intensifier leurs efforts?
Il y a les conflits qui pèsent vraiment sur l’économie mondiale et les autres. L’Iran appartient à la première catégorie avec un triptyque redoutable:
le besoin vital : le pétrole
La menace existentielle : la bombe H
et le goulet d’étranglement : le détroit d’Ormuz.
Et c’est l’occident qui a créé cette situation:
De Mossadegh renversé en 1953 jusqu’à Khomeini en 1979, nous avons souvent écrit l’histoire iranienne à la place des Iraniens. J’avais quatorze ans lorsque la France accueille généreusement à Neauphle-le-Château un vieux clerc chiite en exil, sans mesurer que Khomeini allait utiliser la liberté de parole, le téléphone et les caméras occidentales pour orchestrer une révolution à distance. C’est bizarre, je connais encore le nom de cette bourgade qui n’est reconnue que pour ce fait d’arme (sans doute car c’était une des questions du Trivial Pursuit Français dans les années 80 lorsque tout le monde y jouait).
Aujourd’hui que le régime vacille, comment éviter de tout gâcher une fois de plus ? Faut-il une nouvelle révolution pour défaire la première ? L’histoire a-t-elle produit des révolutions réussies ? Une chose est sûre, les révolutions qui réussissent ne se font pas à 10'000 kilomètres de distance. L’Irak, la Libye et l’Afghanistan rappellent ce que donne une démocratie parachutée par des bombardements: un État failli, des frontières poreuses, des milices mieux armées que la police, et des populations épuisées qui ne croient plus en personne.
L’Espagne n’a pas été libérée par une armada étrangère: le régime issu de Franco a négocié, à contrecœur, sa propre disparition avec une opposition organisée. Dans presque toutes les transitions réussies, il existe une « porte de sortie » pour une partie des élites en place. Faute de cela, la tentation est toujours d’aller jusqu’au bout, quitte à brûler le pays sur lequel on régnait. Un bon accord politique c’est un compromis avec des adversaires dont on aura encore besoin demain.
Un régime ne disparaît pas comme un décor de cirque qu’on démonte en une nuit. Même après la mort de Franco, l’Espagne a continué de vivre avec ses juges, ses hauts fonctionnaires, ses officiers formés sous la dictature, et il a fallu des années pour que la pratique démocratique imprègne ces corps et la Movida, portée par la jeunesse, a fait le reste.
Imaginons que Mojtaba Khamenei soit en effet grièvement blessé. Dans son état, le choix d’en faire le nouveau guide suprême montre qu’il n’y avait pas d’alternative pour le pouvoir en place. Par ailleurs, il est celui qui contrôle le nerf de la guerre; on le dit paranoïaque et donc peu enclin à partager l’information sur les flux monétaires. Dans ce scénario, le régime est sans doute plus affaibli qu’on ne le pense et il serait contre-productif, pour Washington, de lever le pied maintenant: le plus dur est fait, c’est maintenant que la pression produit le plus d’effet.
Pour les marchés, mieux vaut souvent un choc bref et violent qu’une crise larvée qui dure des années: la pandémie de Covid l’a montré, avec un krach fulgurant suivi d’un redressement rapide une fois le cadre stabilisé. Un conflit interminable autour d’Hormuz, lui, prolongerait la flambée énergétique, l’incertitude sur la croissance et la volatilité sur tous les actifs.
L’Europe, qui a participé à fabriquer le problème et qui subira de plein fouet les conséquences économiques, ne peut pas rester spectatrice. Elle devrait assumer une part de l’effort militaire et diplomatique pour peser sur l’issue d’un conflit qui conditionne ses approvisionnements, ses marchés et, au fond, la crédibilité de sa parole stratégique.
Géographiquement, l’Iran est posé au croisement de presque toutes les routes qui comptent entre Est et Ouest. Entre mer Caspienne et golfe Persique, entre Asie centrale et sous-continent indien, il est une pièce naturelle de la nouvelle route de la soie. Demain, dans un scénario de normalisation, ce pays pourrait devenir un pivot pour les flux d’énergie, de marchandises, de données entre Europe et Asie. La vraie question, pour nous, est simple: ce carrefour se tournera‑t‑il vers l’Europe ou vers l’Asie ?
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Patrimoine
La Suisse reprend des couleurs
Les tirs de roquettes iraniens et leurs retombées de débris sur la ville ont brisé quelque peu la dynamique patiemment développée par Dubaï. Des vols privés et charters d’évacuation à plusieurs dizaines voire centaines de milliers de dollars sont affrétés pour quitter la région en urgence, souvent vers Genève. Plusieurs témoignages de grandes fortunes évoquent la peur d’un conflit durable et la remise en cause de projets de résidence à long terme dans l’émirat.
Dans ce climat, la Suisse réapparaît pour ce qu’elle est depuis des décennies : un refuge, parfois jugé ennuyeux, mais dont l’ennui devient soudain désirable. Stabilité politique, État de droit, protections solides pour les personnes et les structures patrimoniales. A l’international, la Suisse se place au 4e rang mondial de la compétitivité mondiale. Pour un très grand patrimoine, il ne s’agit plus seulement d’optimiser un taux d’imposition, mais de savoir que l’on peut dormir sur ses deux oreilles.
Sur une très longue période, le franc Suisse n’a cessé de s’apprécier contre les autres principales devises. Le franc Suisse est un peu comme l’or, une monnaie refuge, sauf qu’avec lui vous pouvez acheter un bien immobilier par exemple, en jouir, et le jour venu le revendre. Dans un portefeuille, être exposé au Chf, c’est à la fois se protéger contre les crises et se raccrocher à un cadre institutionnel qui a fait ses preuves. Pour certains clients du Golfe, l’idée d’échanger une partie de leur risque géopolitique contre un risque de change… en faveur d’une devise historiquement robuste, n’est plus un sacrifice mais une assurance.
Ajoutez à cela un élément plus discret mais important : la capacité de la Suisse à accueillir aussi des patrimoines « nouveaux », comme ceux liés aux actifs numériques. Alors que l’Europe durcit la fiscalité et la réglementation sur les crypto actifs, la Suisse s’est positionnée comme un havre fiscal et réglementaire relativement clair pour ces fortunes issues de la blockchain, avec un cadre qui cherche à attirer l’innovation sans renoncer aux exigences de conformité.
Genève (Chf 20k à 40k le m2 « prime ») et Zurich (18k à 35k) ressortent comme principales destinations, précisément parce qu’elles offrent ce que Dubaï (10k à 20k) promettait : stabilité politique, sécurité physique et cadre juridique robuste pour la protection du patrimoine. Mais d’autres destinations se détachent également ; Gstaad (39k à 45k), St Moritz (30k à 35k), Verbier (28k à 32k) et Crans Montana (20k à 25k). La Suisse dispose d’un avantage non négligeable sur Dubaï, il est aisé d’y vieillir, le climat est clément et l’impôt sur l’héritage presque partout nul.
Rappelons que récemment, la Suisse a balayé par referendum l’initiative stupide qui consistait à taxer à 50% les héritages à partir de Chf 50mio et que dans le même temps l’Italie a, une fois de plus, augmenté de Eur 100'000 sa flat taxe pour la porter à Eur 300'000 à partir du 1er Janvier. Dans ces conditions, le forfait redevient compétitif à condition de ne pas avoir de revenu en Suisse.
Sur le plan stratégique, le conflit au Moyen-Orient pourrait interrompre la montée en puissance de Dubaï comme concurrent direct de la Suisse pour la gestion de fortunes internationales, au moins tant que l’incertitude sécuritaire persiste. Mais d’autres hubs comme Singapour ou Miami sont aussi cités comme alternatives, ce qui rappelle que la concurrence entre places refuges reste globale.
Pour la Suisse, l’afflux de familles fortunées venant du Golfe ou d’ailleurs, c’est à court terme plus de capitaux, plus de demandes en gestion de fortune, en immobilier « prime », en écoles internationales, en santé privée. À moyen terme, cela signifie aussi davantage de pression sur des marchés immobiliers déjà tendus, notamment dans certaines villes et stations alpines, et la nécessité politique d’expliquer ce choix : accueillir ces patrimoines, oui, mais en gardant un contrat social acceptable pour les résidents (voir le referendum visant à limiter le nombre d’habitants en Suisse à 10m jusqu’en 2050). C’est là qu’un gérant de fortune a, à notre sens, un rôle discret mais réel : aider ces familles à s’ancrer, à investir de façon responsable dans leur pays d’accueil, et à faire de cette recherche de refuge autre chose qu’un simple mouvement de capitaux.
En tuer un pour en terrifier un millier
Sun Tzu
A propos de B-R & H Finance
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