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Revue de marché

B-R & H Finance - Purement indicatifs - 14.07.2026 / 11am CET

B-R & H Finance - Purement indicatifs - 14.07.2026 / 11am CET

B-R & H Finance - Purement indicatifs - 14.07.2026 / 11am CET
Ormuz réveille l’été
Les marchés avaient décidé de traiter le Détroit d'Ormuz comme un bruit de fond. Depuis des semaines, les indices américains progressaient, les spreads restaient sages, et les gérants de fonds quantitatifs encaissaient leurs gains en silence. Puis le week-end du 12 juillet a tout rebattu : une nouvelle séquence de frappes américaines sur l'Iran a rappelé que le bras de fer n'était pas terminé. Lundi matin, le Brent bondissait au-dessus de 86 Usd le baril, soit plus de +18.6% sur le mois, la plus forte poussée mensuelle depuis 2020. Le KOSPI coréen, déjà fragilisé par sa dépendance aux semi-conducteurs et à l'énergie importée, a décroché de plus de 7% en une seule séance, le portant à -19.1% sur le mois. L'onde de choc a surtout été un rappel : dans un monde où 20% du commerce mondial de pétrole et de gaz transite encore par ce seul point d'étranglement, toute réescalade a un prix immédiat.
La grande rotation, acte II
Au-delà du choc géopolitique, le mois de juillet a confirmé une rotation entamée début juin. Côté semi-conducteurs, la correction a été sévère : Intel s'effondre de -21.71% sur le mois, victime d'un retard dans les rendements de son procédé 18A, d'AMD qui le dépasse pour la première fois en revenus datacenter, et d'inquiétudes croissantes sur la soutenabilité des dépenses d'IA. Il n'est pas seul : SK hynix (-27.21%), Marvell (-21.66%), KLA (-20.17%), Lam Research (-19.71%) et Micron (-18.17%) figurent tous dans le bas du classement mensuel, un sous-secteur entier qui corrige après une course effrénée depuis deux ans. En miroir, Alibaba, BYD, Xiaomi et Meituan font partie des dix meilleures performances mondiales en juillet, progressant entre +17% et +19%. La rotation hors des titans américains de l'IA cherche de la profondeur : des bilans solides, des programmes massifs de rachat d'actions, et une IA domestique qui n'a plus grand-chose à envier à ses concurrents en termes de performance à moindre coût. Le Hang Seng gagne +6.5% sur le mois, pendant que le Nasdaq100 cède -3.3%.
L'Europe défensive et la question qui reste
Dans ce contexte d'agitation, les grandes valeurs européennes ont joué leur rôle habituel d'amortisseur. Notre sélection de références affiche un gain moyen de +3.43% YTD, avec une correction modeste de -2.57% sur le mois. Novartis (+15.90% YTD) et Nestlé (+10.34%) tirent le groupe vers le haut, pendant qu'ASML reste la grande gagnante à +68.21% YTD, portée par la demande structurelle en équipements EUV et une guidance 2026 relevée. À l'inverse, SAP (-32.65% YTD) et LVMH (-24.34%) pèsent sur la moyenne. Le SMI cède à peine -0.4% sur le mois, confirmant sa réputation de refuge discret en période d'orage.
L'or se maintient au-dessus de 4'000 Usd l'once (+0.1% MTD) ; le Bitcoin et l'Ethereum progressent respectivement de +6.7% et +13.4%, mais stagnent dans des fourchettes étroites depuis plusieurs semaines, incapables de transformer la volatilité géopolitique en véritable catalyseur. Pour l'investisseur de long terme, le message de ce mois est posé mais clair : les actifs à revenus réels et les bilans solides ont su naviguer là où les modèles de momentum ont été pris à contre-pied.
L'été sera chaud, au sens propre comme au figuré.
Quelques chiffres
+2.3°C : hausse des températures en Europe depuis l'ère préindustrielle, soit le double de la moyenne mondiale; l'Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement.
8 des 10 dernières années en Europe comptent parmi les plus chaudes jamais enregistrées depuis le début des relevés météorologiques au 19e siècle.
Eur 170 milliards : coût annuel estimé des dommages climatiques en Europe d'ici 2030 selon l'Agence Européenne pour l'Environnement, contre Eur 13 milliards par an dans les années 1980.
Editorial
“Fais pas si, fais pas ça…”
Il y a quelques semaines, j’ai publié sur LinkedIn un texte « heat waves, empty fairways » qui a dépassé les 22'000 vues. Visiblement, le sujet parle à beaucoup de monde. Et la France vient d’offrir une nouvelle scène à la même pièce;
Cannicule, Acte 2, scéne 1
Il y a des images qui résument un pays mieux qu’un discours présidentiel. Cet été, pour la France, ce sera celle d’un fairway breton désert, fermé par arrêté préfectoral. Saint‑Briac au garde‑à‑vous pendant que, à quelques centaines de kilomètres, les Suisses continuent de jouer tranquillement sous le même soleil.
Sur le papier, Météo‑France est formelle. La vague de chaleur est « exceptionnelle », les alertes rouges couvrent des dizaines de départements, les indicateurs de santé sont proches de 2003, la Bretagne elle‑même enregistre des niveaux d’urgence inédits chez les plus de 75 ans. Devant ces chiffres, l’État fait ce qu’il sait faire de mieux : il généralise, il normativise, il interdit. On ferme les golfs en bloc, on suspend les compétitions, on bannit le pastis sur la place du village. Pour sauver les faibles, on met tout le monde à l’abri, quitte à traiter le retraité sportif comme un patient en soins palliatifs.
La scène est presque comique, si l’on aime l’humour noir. Dans le Finistère, des gens se baignent joyeusement dans une eau à 18°, mais le département est « rouge écarlate ». À Dinard, le vent vient de la mer, les nuages jouent avec le soleil. Ce n’est plus la météo locale qui décide, c’est la moyenne statistique à l’échelle nationale. Quand les modèles jugent qu’il fait « trop chaud en France », la Bretagne ferme parce qu’elle est en France, point.
La question qui fâche est simple : combien de gens, honnêtement, mourraient d’un coup de chaleur sur un golf breton, balle au pied et bouteille d’eau à la main ? On a des chiffres de noyades, des records de température, des courbes d’hospitalisations. On n’a pas de statistiques sur la mortalité, club en main, au driver sur le tee box du 15. Il y a des risques qu’on mesure, et puis des risques qu’on invoque pour justifier une décision déjà prise : mettre tout le monde dans la même case, parce que c’est plus simple à gérer.
Pendant ce temps, la Suisse vit dans un autre film. Les mêmes cartes de chaleur montrent des pointes au Tessin, des nuits tropicales à Zurich, des records dans les vallées alpines. Mais les golfs sont ouverts, les courts de tennis aussi, les restaurants au bord des lacs ne servent pas que de l’eau plate. On informe, on recommande, on compte sur la responsabilité des gens. Chacun lit le thermomètre et décide s’il joue à 8h ou à 18h. Le même risque climatique, deux anthropologies. D’un côté, le citoyen‑enfant, de l’autre, le citoyen‑adulte.
« Liberté, Égalité, Fraternité », gravé sur les mairies, prend un air un peu fatigué dans ce contexte. Liberté : au‑delà de 30°, elle se limite à votre salon ventilé. Égalité : tout le monde est logé à la même interdiction, du cardiopathe à l’athlète, du sud brûlant au nord tempéré. Fraternité : on vous explique que, par solidarité avec les services d’urgence, vous devez renoncer à votre apéro et à vos loisirs au grand air. La devise tient toujours ; c’est la pratique qui a basculé dans une sorte de colbertisme sanitaire où l’on protège en immobilisant.
Les auteurs de science‑fiction l’avaient anticipé. Les pires dystopies ne sont pas celles où un tyran vocifère. Ce sont ces mondes propres sur eux où personne ne décide plus rien, parce que des protocoles ont déjà tout prévu. Il n’y a ni bruit ni violence, seulement un flot continu de consignes : « Restez chez vous », « Hydratez‑vous », « Évitez toute activité sportive », « Ne sortez pas entre 14h et 18h ». Le plus inquiétant n’est pas qu’on vous parle comme à un enfant. C’est que beaucoup finissent par trouver cela rassurant.
On pourra toujours objecter que la chaleur tue, que la France a payé cher son retard de 2003, que mieux vaut fermer un peu trop que pas assez. On pourra aussi se demander où s’arrête cette logique. Si l’État doit décider que le Breton n’a pas le droit de taper une balle, doit‑il aussi décider quand vous pouvez travailler, quand vous pouvez voter, quand vous pouvez sortir de chez vous ? À force de tout gérer par arrêté et par plan Orsec, on fabrique une population de mineurs perpétuels, ravie de déléguer le moindre choix.
Les libéraux ont un mot pour cela : la déresponsabilisation. À court terme, elle évite des drames. À long terme, elle anesthésie un pays. Un peuple qui n’est plus autorisé à prendre un risque minuscule pour son plaisir sera‑t‑il encouragé à en prendre un pour entreprendre, investir, innover ? Les mêmes réflexes qui verrouillent un golf en juillet saturent les entreprises de formulaires, de normes, de contrôles, quel que soit le temps qu’il fait. La chaleur n’est qu’un prétexte saisonnier dans un climat réglementaire permanent.
Mario Draghi a remis son rapport sur la compétitivité européenne en septembre 2024. Il y dénonçait, entre autres, le poids des frictions réglementaires et la nécessité de redonner de l’air à l’initiative privée. Deux ans plus tard, quand le mercure grimpe, on voit surtout que les rapports passent et que l’administration reste. Les alertes se déclenchent, les préfets prennent la main, les golfs ferment. Le diagnostic est dans un PDF ; le pouvoir, lui, continue de vivre par décret.
Il y a une phrase galvaudée qui dit : « Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres. » Encore faut‑il que quelqu’un accepte que votre liberté existe. On peut vivre dans un pays où l’on meurt parfois de chaleur sur un chantier, ce qui est tragique, et où l’on laisse les gens jouer au golf en Bretagne avec une bouteille d’eau. On peut aussi choisir de vivre dans un pays où l’on ne meurt plus sur les golfs parce que les golfs sont fermés, et où l’on meurt à petit feu d’avoir renoncé à décider pour soi. Entre les deux, il n’y a pas seulement une différence de climat. Il y a une différence de liberté.
Et pour la France comme pour l’Europe, cette différence n’est pas théorique : un pays qui n’ose plus laisser ses citoyens choisir quand ils sortent au soleil, finira, tôt ou tard, par ne plus savoir leur faire confiance pour tout le reste.
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Investissements
Que faire lorsque sa performance est stratosphérique
Le premier semestre 2026 a mis sur le devant de la scène deux fonds très différents, réunis par l'extraordinaire. Situational Awareness, le hedge fund californien de Leopold Aschenbrenner, a affiché environ +270% depuis le 1er janvier jusqu'à fin mai, porté par une thèse limpide : l'intelligence artificielle va concentrer des investissements colossaux dans l'infrastructure physique, énergie, data centers, câbles, refroidissement. Hao Greater China, le long/short hongkongais de Zhang Hao, un ingénieur reconverti en stock-picker d'exception, celui-là même qui avait rendu +138% en une seule année sur la grande Chine, afficherait pour sa part une performance voisine de +165% sur les cinq premiers mois de 2026, portée par le rebond sélectif des marchés asiatiques.
Deux thèses distinctes, deux géographies, deux mécaniques. Mais un point commun qui retient notre attention : dans les deux cas, la performance annualisée dépasse très largement les trois chiffres, et c'est précisément là que les choses se compliquent.
La mécanique de ces fonds repose sur des convictions très concentrées et, pour Situational Awareness en particulier, sur un levier significatif. Aschenbrenner a construit une position symétrique : long sur l'infrastructure AI, couvert par des puts massifs sur les grands noms du semiconducteur, Nvidia, AMD, ASML. Quand les deux jambes fonctionnent simultanément, la performance s'emballe. Mais ce type de construction suppose une agilité que seul un fonds de taille modeste peut se permettre. Il y a douze mois, Situational Awareness gérait quelques centaines de millions de dollars, presque invisible. Il en gère aujourd'hui plus de Usd 20 milliards. Le marché le sait. Le fonds est devenu sa propre contrainte.
C'est ici que le biais comportemental le plus classique refait surface : la tentation de "cristalliser" la performance. Quand un portefeuille affiche +62% au 30 juin, comme c'est le cas de notre stratégie technologie et innovation, l'envie de tout vendre et d'attendre la prochaine correction est palpable. Berkshire Hathaway tente quelque chose d'approchant depuis deux ans, accumulant des liquidités record en anticipant un repli. Résultat : les marchés ont continué à monter. Même les meilleurs gérants du monde échouent régulièrement sur ce terrain précis : sortir au bon moment est à la portée de quelques-uns; rentrer au bon moment, de presque personne. Ce que l'on gagne à la sortie, on le perd souvent à la rentrée.
Nous avons donc fait le choix de garder la tête froide. Nous avons allégé prudemment certaines positions, sans pour autant quitter le marché : rester investi sur un thème de conviction, c'est aussi savoir doser. Notre stratégie n'utilise ni levier, ni options spéculatives. Elle est construite pour un client qui veut participer pleinement à la transformation technologique du monde sans les à-coups d'un hedge fund à forte concentration. +62% au premier semestre 2026 : nous en sommes fiers. Cela fait plusieurs années que nous suivons ce thème avec discipline. La performance de ce semestre n'est pas un accident; c'est le résultat d'une thèse tenue dans la durée.
L'écologie punitive, ce n'est pas la mienne ! On n'est pas là pour emmerder les gens !
Marine Tondelier
A propos de B-R & H Finance
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