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B-R & H Finance ● Les 4 saisons
Mi-janvier 2026
Revue de marché

B-R & H Finance SA - Purement Indicatif - 21.01.2026

B-R & H Finance SA - Purement Indicatif - 21.01.2026
La géopolique s’invite dans le débat
Les marchés mondiaux restent solides, mais ils sont de plus en plus sensibles à la géopolitique. Les actions sud-coréennes et japonaises évoluent près de leurs records, tandis que l’or (+12.5% en ytd) et surtout l’argent (+32.2%) signent aussi de nouveaux sommets.
États-Unis: cher, donc vulnérable
Les actions américaines sont chères. Le S&P 500 a récemment touché un record autour de 6 950 à 6 980 points (cours actuel 6’796), pour une capitalisation d’environ 62 trilliards de dollars et une valorisation proche de 22 fois les bénéfices attendus, un niveau comparable au pic de 2021. L’indice a progressé d’environ 25% en 2024 puis 18% en 2025. Certaines grandes banques visent encore autour de 12% de performance totale en 2026 si les bénéfices croissent de l’ordre de 15%, mais le moindre choc sur les résultats ou sur la politique frapperait un marché déjà richement valorisé. La Fed a baissé ses taux trois fois l’an dernier et les marchés anticipent environ deux baisses supplémentaires de 25 points de base en 2026. Cela soutient les actifs risqués, mais accroît aussi l’attention portée aux tensions entre le président Trump et la banque centrale.
Japon et Asie: rotation vers l’équité et les semi-conducteurs
Le Japon est l’un des grands bénéficiaires de la rotation mondiale. Le Nikkei 225 a atteint de nouveaux sommets au-dessus de 53 500 à 54 000 points, aidé par un yen plus faible, des attentes d’élections anticipées sous la Première ministre Takaichi et des réformes qui poussent les entreprises à mieux rémunérer l’actionnaire, et regain d’intérêt pour un marché longtemps délaissé. En Asie plus largement, des marchés comme la Corée du Sud et Taïwan restent étroitement liés au cycle des semi-conducteurs, avec un regain d’intérêt pour les fabricants de puces et d’équipements, à mesure que les investisseurs recherchent une exposition à l’IA et aux infrastructures de données.
Europe et Suisse: calme en surface, tension en arrière-plan
En Europe, les indices peuvent rester proches de leur sommet même quand le risque politique monte. L’épisode groenlandais rappelle que la compétition pour les ressources et les actifs stratégiques n’est plus théorique, et qu’elle peut vite devenir un sujet de marché. La Suisse, elle, conserve son rôle défensif: les grands groupes de qualité et le franc fort rassurent dans les portefeuilles mondiaux. C’est une excellente assurance, mais une assurance qui a un coût, un franc fort protège et, en même temps, plafonne souvent le potentiel des sociétés exportatrices.
Or, franc et pétrole: refuge d’un côté, détente relative de l’autre
L’or et l’argent progressent fortement, signe d’une demande persistante de valeurs refuges malgré la hausse des actions. C’est l’un des paradoxes du moment: optimisme sur la croissance, mais nervosité sur la politique. À l’inverse, le pétrole s’est un peu calmé après un pic récent, avec l’idée que le risque d’escalade militaire (en Iran) a légèrement reculé.
Quelques chiffres
19% des lecteurs (ceux qui ont lu au moins 10 livres en 2025) représentent 82% des livres lus, tandis que 40% des Américains n’ont lu aucun livre.
Les ventes de Bibles ont atteint 19 millions d’exemplaires en 2025, un plus haut de 21 ans, soit +12% sur un an et environ x2 vs 2019.
En France, la part des sondés ayant confiance dans la bonne utilisation de l’impôt passe de 33% en 2023 à 22% en 2025, soit -11 points en deux ans.
Editorial
Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel
Dans les contes, si.
Jacques plante un haricot, la tige n’en finit plus de pousser, traverse les nuages, ouvre une passerelle, et l’enfant grimpe. On le suit parce que ça monte, parce que ça brille, parce qu’on se dit qu’au-dessus, la gravité n'a plus de prise.
Dans le monde réel, l'arbre lutte pour sa place au soleil. Dans une forêt dense, la lumière est rare; pour survivre, il faut grimper, dépasser la canopée, trouver la trouée. Ce n’est pas de l’ambition, c’est de la photosynthèse.
Le plus haut arbre connu, un séquoia côtier baptisé Hyperion, culmine à 116,07m, dans le nord de la Californie, loin des campus de la Silicon Valley, mais dans le même État où l’on aime croire que tout peut pousser à l’infini. Le plus massif, lui, ne cherche pas la hauteur. Le General Sherman, séquoia géant, règne par le volume, environ 1 487 m³ de tronc. Il n’est pas le plus élancé, il est le plus plein. Et le plus ancien, un Methuselah, un pin à cônes épineux, vieux de presque 5 000 ans. Il survit à force de lenteur, de densité, de sobriété.
Trois records, trois leçons. La hauteur séduit. La masse protège. Le temps sélectionne. La croissance n’est pas “morale”, elle est “biologique”. Elle obéit à des contraintes. Les marchés aussi. Ils peuvent célébrer l’ascension, puis se souvenir du coût du capital, du cycle, du bilan, de la liquidité.
Plus on monte, plus on prend le vent. En finance, plus la valorisation est élevée, plus la duration s’allonge, plus la sensibilité au changement de régime augmente, taux, inflation, régulation, demande. Le risque n’est pas seulement la chute; c’est l’exposition dans le temps.
Il existe une croissance qui se voit, la hauteur. Et une croissance qui se construit, la solidité. Un arbre mature ne gagne pas toujours des mètres, il s’épaissit, consolide, se densifie. Une entreprise peut ralentir la croissance “headline” et devenir une machine à cash. Ce n’est pas une capitulation, c’est une métamorphose.
Et puis il y a un arbre qui semble venir d’avant nos bibliothèques, le désespoir des grimpeurs, l’Araucaria araucana, le “monkey puzzle”. Son histoire remonte à l’âge des dinosaures, environ 200 millions d’années si l’on en croit les fossiles. Il s’équipe de feuilles triangulaires, raides, piquantes, pensées comme une armure contre les brouteurs d’autrefois. En vieillissant, il perd ses branches basses, laissant un tronc net, difficile à saisir, comme s’il allégeait la partie faible pour garder la force en hauteur.
Alors, oui, Jacques a raison de grimper, à la fin du conte il emportera son butin. Les marchés, eux aussi, adorent grimper. Notre travail n’est pas d’interdire l’ascension, c’est d’éviter le vertige.
On ne tire pas sur un arbre pour le faire pousser. On prépare le sol, on taille, on protège.
Notre opinion, depuis plusieurs années, une vingtaine d’arbres cachent la forêt, vingt titres sur les cinq cents du S&P 500 captent l’essentiel de la lumière. Cette année encore, ils feront la une, mais un peu moins.
Le climat change. Le coût du capital redevient une contrainte, et la canopée s’ouvre. D’autres arbres vont revenir sur le devant de la scéne; certains par leur épaisseur, d’autres par leur capacité à tenir quand le vent forcit, quand l’eau manque, quand la saison se raccourcit (value vs growth).
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Investissements
Onze paris plausibles pour 2026
Chaque début d’année offre son lot de prédictions macroéconomiques et sectorielles. Plutôt que d’en ajouter une couche, nous avons sélectionné les dix thèmes les plus récurrents parmi les maisons de recherche (UBS, JPMorgan, Morgan Stanley, BlackRock, entre autres) et livré notre lecture.
L’Europe passera-t-elle enfin des promesses aux résultats ?
UBS anticipe une reprise des bénéfices dans la zone euro, alimentée par la dépense publique et un cycle d’investissement plus soutenu. Après une année 2025 dominée par la revalorisation des multiples, 2026 marquerait, selon eux, le retour de la croissance des profits.
Notre lecture : L’Europe reste championne des effets d’annonce non suivis d’effet. Les ambitions industrielles existent, mais manquent cruellement de moyens et de cohérence. Rien n’indique que 2026 changera la donne.Défense : la demande reste mais l’euphorie s’essouffle
Pour Goldman Sachs comme pour BofA, la dynamique reste solide, reconstitution des stocks et budgets engagés sur plusieurs années. Mais la bourse a déjà intégré une partie de la bonne nouvelle; elle exigera désormais des livraisons, des marges, et un prix qui se tient.
Notre lecture : L’Europe sous-estime encore sa dépendance stratégique et technologique envers les États-Unis. « Acheter européen » relève davantage du vœu pieux que d’une allocation rationnelle à ce stade.Robots : l’automatisation devient le moteur des marges
Scott Galloway résume bien le mouvement : l’impact de l’IA se mesurera d’abord dans la logistique, la maintenance et l’automatisation. Amazon illustre ce virage vers une IA d’exécution plutôt que de communication.
Notre lecture : Nous adhérons pleinement à cette vision. Amazon, qui a sous-performé les « Sept Magnifiques » en 2025, pourrait redevenir l’un des grands gagnants de 2026 grâce à l’IA industrielle.L’IA gagne l’entreprise mais les profits suivront plus tard
Morgan Stanley prévoit une diffusion accélérée de l’IA, mais des gains hétérogènes selon les secteurs. L’adoption précédera la rentabilité. Les prochains trimestres seront agités.
Notre lecture : l’IA progress beaucoup plus vite que nous ne le percevons, du coup l’impact pour les entreprises qui l’adoptent sera lui aussi beaucoup plus rapide avec des gains de productivité importants.L’électricité, nouvel eldorado pour l'investisseur
JPMorgan parle d’un « electricity investment gap » : entre data centers, électrification et relocalisation industrielle, la demande explose. ABB, Schneider Electric, Siemens Energy, Prysmian et Vertiv figurent parmi les bénéficiaires.
Notre lecture : Sujet captivant mais complexe. Contrairement au rail du XIXe siècle, les data centers doivent sans cesse s’adapter à l'innovation technologique. Le pari est structurel, mais la visibilité reste faible.Le GLP‑1 passe de la seringue à la pilule
Reuters rapporte que Novo Nordisk s’attend à une forte montée de la prise de molécules par voie orale, à des prix rendant le marché beaucoup plus large. Eli Lilly et Roche avancent, elles aussi, leurs programmes.
Notre lecture : Une révolution silencieuse. En réduisant la fréquence et la contrainte du traitement, Novo élargit la base de patients. Roche, en embuscade, pourrait capitaliser dès 2027.Chine : bon marché ou risquée ?
UBS voit dans la tech chinoise une opportunité majeure, grâce à la croissance bénéficiaire et à des valorisations déprimées.
Notre lecture : Difficile de nier la domination chinoise, verticale comme horizontale, dans les matériaux critiques et les technologies d’innovations. Il ne s’agit plus d’une rivalité commerciale, mais d’un conflit global larvé entre la Chine et le reste du monde. Nous avons besoin de la China pour contenir l'inflation industrielle. Nous pensons en effet que les actions Chinoises offrent de vraies opportunités.Métaux précieux : l’argent, le tempérament ; l’or, la tenue
UBS demeure haussier sur les deux, avec un objectif ambitieux de 5 000 USD/oz pour l’or à moyen terme. L’argent, plus industriel, reste plus volatile.
Notre lecture : Difficile d’aimer l’or quand on raisonne en francs suisses. Les actions suisses, elles, offrent des dividendes et des perspectives de croissance plus tangibles.Bitcoin s’installe dans le paysage institutionnel
BlackRock note que les canaux d’accès se sont normalisés (ETF, fonds dédiés...). Le Bitcoin n’est plus un actif marginal.
Notre lecture : Le BTC a gagné sa légitimité comme actif diversifiant, mais reste vulnérable à la manipulation et aux cycles de liquidité. La discipline doit primer.L’économie mondiale entre “ralentissement maîtrisé” et “réinvention accélérée grâce à l'IA”
Le consensus macroéconomique reste étonnamment stable : pas de récession visible, mais une croissance à deux vitesses entre États-Unis (forte) et Europe (à la traîne). Les poches d’opportunités restent régionales, plus que sectorielles.
Notre lecture : 2026 sera celle du discernement. Les investisseurs devront identifier les entreprises qui transforment la disruption en avantage compétitif durable. Le “value” pourrait faire son retour.Le dollar va-t-il continuer de lâcher du terrain ?
BNP Paribas anticipe un dollar toujours baissier en 2026, avec un EUR/USD qui remonterait vers 1.20, porté par une croissance européenne un peu meilleure et un différentiel de politique monétaire moins favorable aux États-Unis.
Notre lecture : Nous restons pragmatiques. La baisse du dollar est crédible si le cycle américain se refroidit, mais l’USD retrouve vite son statut de monnaie refuge dès que le monde se crispe. Pour un investisseur en francs suisses, l’enjeu n’est pas de “parier” sur l’EUR/USD, mais de gérer l’exposition USD.
Une petite hache peut couper un gros arbre
Proverbe Guadeloupéen
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