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B-R & H Finance ● Les 4 saisons
Mi-décembre 2025

La quête de la longévité, beaucoup s’y sont essayés mais peu ont réussi. Les recettes les plus efficaces restent souvent les plus simples: une alimentation saine (plutôt végétale, sans excès de viande), du sommeil, un minimum d’exercice (disons 5’000 à 10’000 pas par jour), et, surtout, du lien social.
Revue de marché

Petit tour d’horizon avant d’attaquer 2026
Pour un investisseur en francs suisses, 2025 ressemble moins à un rallye américain qu’à un rappel à l’ordre. Le S&P 500 progresse de +15,89% (niveau 6 816,51) et le Nasdaq 100 de +19,30% (niveau 25 067,26), mais USD/CHF recule de -12,28% (niveau 0,80). La conclusion est arithmétique, une large part du gain actions US est consommée par le change.
Le deuxième enseignement tient dans la hiérarchie des actifs, la performance est venue d’abord des métaux, ensuite des actions, et rarement de l’énergie. L’argent domine le classement avec +118,45% (niveau 63,08), devant l’or à +63,43% (niveau 4 287,34). La thèse du déficit structurel d’offre sur l’argent, souvent évoquée mais rarement visible, s’est imposée comme un moteur plausible, tandis que l’or a continué de bénéficier d’achats des banques centrales et d’une demande soutenue des particuliers.
La partie “matières premières industrielles” ne se limite pas aux métaux précieux. Le cuivre affiche +33,09% (niveau 822,52), cohérent avec un marché qui traite encore l’électrification et les contraintes d’offre, tout en surveillant la Chine. Le café monte de +12,68% (niveau 277,47), le blé baisse de -6,30% (niveau 350,64) et le coton de -6,65% (niveau 90,85), rappel utile que les “commodities” ne sont pas une classe d’actifs homogène.
Le contre-exemple, c’est l’énergie. Le Brent recule de -19,47% (niveau 60,22) et le WTI de -21,22% (niveau 56,47). La combinaison d’anticipations d’offre plus abondante et d’une prime géopolitique moins persistante a fini par l’emporter, avec une fin d’année marquée par des récits de désescalade et de surplus potentiel.
Autre retournement spectaculaire, le cacao chute de -49,67% (niveau 230,79). Le Financial Times décrit un basculement, amélioration des perspectives de récolte en Afrique de l’Ouest, demande qui se contracte après le choc de prix, et spéculation qui se retire lorsque le récit de pénurie perd en crédibilité.
Côté actions, le tableau raconte une année de dispersion géographique, et de concentration sectorielle. Le MSCI World gagne +18,90% (niveau 4 402,71). Aux États-Unis, la surperformance relative du Nasdaq 100 par rapport au Dow (+13,80%, niveau 48 416,56) conserve la même signature, un marché porté par les thèmes IA et par un petit nombre de valeurs dominantes. Reuters résume bien ce mécanisme, l’IA a “masqué” une partie des aspérités macroéconomiques.
L’Europe, elle, a surtout récompensé la périphérie et les banques. L’IBEX 35 fait +46,97% (niveau 17 041,40) et le FTSE MIB +29,05% (niveau 44 116,96), quand le DAX avance de +21,70% (niveau 24 229,91) et le CAC 40 seulement +10,08% (niveau 8 124,88). Reuters attribue explicitement la sous-performance française à la prime de risque politique et budgétaire, tandis que l’Espagne bénéficie d’un enchaînement plus favorable, révisions de notation, dynamique domestique, et poids des banques.
Enfin, l’épisode “tarifs” a été bruyant, mais pas durablement contagieux. Après le choc initial lié aux annonces d’avril, les conditions de marché se sont normalisées rapidement avec une volatilité en recul. Le risque commercial a existé, il a été pricé puis il s’est évaporé (suite au prochain épisode).
Reste l’obligataire, souvent annoncé en crise permanente, mais dont les chiffres, en réalité, sont plus nuancés. Les “10 ans” affichent des performances YTD modestes, US 10Y +3,33% (rendement 4,16), UK 10Y +0,69% (rendement 4,58), alors que la zone euro est en négatif, DE 10Y -4,22% (2,85), FR 10Y -3,06% (3,56). L’idée n’est pas que les déficits ne comptent plus, mais que la trajectoire des politiques monétaires et les anticipations de croissance pèsent davantage, surtout lorsque les banques centrales ouvrent la porte à l’assouplissement.
En résumé, 2025 n’a pas été “risk-on” ou “risk-off”. Elle a été, plus prosaïquement, une année où la bonne exposition a compté autant que le bon actif, et où le franc suisse a rappelé qu’il ne se contente pas de protéger, il réécrit les performances.
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Quelques chiffres
Hermès: les sacs Birkin et Kelly pèseraient 25% à 30% du chiffre d’affaires; chaque sac est fabriqué par un seul artisan en environ 20 heures, à partir de 36 pièces de cuir; production annuelle d’environ 120’000 unités.
Dette mondiale: elle aurait augmenté de 26’400 Md$ sur les trois premiers trimestres 2025 pour atteindre un record de 346’000 Md$ (IIF), soit environ 310% du PIB mondial.
Patrimoine, concentration: début 2024, la moitié des ménages les mieux dotés détenait 93% du patrimoine, l’autre moitié 7%; les 10% les plus riches détenaient 48% des actifs, et les 5% les plus riches 34%.
Editorial
Ca fait trop longtemps…
De nombreux milliardaires américains ont jeté leur dévolu sur la quête de longévité, parfois avec des technologies spectaculaires, pas toujours convaincantes. Pendant ce temps, les recettes les plus efficaces restent souvent les plus simples: une alimentation saine (plutôt végétale, sans excès de viande), du sommeil, un minimum d’exercice (disons 5’000 à 10’000 pas par jour), et, surtout, du lien social.
Enfant, vous deveniez amis parce que vous étiez là. Même heure, même endroit, même ennui, même bac à sable. Le contrat social tenait en trois lignes: “tu veux jouer?”, “on fait équipe?”, “je te prête ma pelle”. Le plus frappant, c’est la simplicité de la recette. Proximité. Répétition. Un prétexte commun.
Puis on grandit, et on oublie la recette
Adulte, on a remplacé la pelle par un calendrier, et on écrit des messages embarrassés: « Ça fait longtemps, on devrait se voir ». Ce “devrait” est déjà une défaite. Il met l’amitié dans la catégorie des tâches, juste entre “acheter des capsules Nespresso” et “mettre à jour les mots de passe”. À quarante ans, on s’imagine qu’il faut une grande soirée, on confond amitié avec événement.
Pas par nostalgie, plutôt par lucidité
On sous-estime l’amitié, alors que c’est aussi une affaire de santé. En réunissant les résultats de 148 études (environ 309’000 personnes), les chercheurs trouvent que ceux qui ont des liens sociaux solides ont une plus grande longévité. À l’inverse, l’isolement, la solitude, ou le fait de vivre seul vont avec une mortalité plus élevée. Et, en moyenne, les célibataires ont un risque de mortalité d’environ +24% par rapport aux mariés.
Quand on est enfant, la vie vous met au même endroit, aux mêmes heures, avec les mêmes personnes. L’amitié est un sous-produit de l’emploi du temps. Adulte, tout s’inverse. La moindre rencontre exige de la coordination. Il faut trouver une date, un lieu, une énergie commune.
Les réseaux donnent une impression de lien permanent. On sait que l’autre a changé de job, qu’il court un marathon, qu’il est à Lisbonne ce week-end. On confond l’information avec la relation. Résultat: on se sent “à jour” sans être présent. C’est confortable, et c’est précisément pour ça que c’est dangereux.
Le temps qui passe ne fait pas qu’éloigner, il ajoute une couche de gêne. Plus on tarde, plus reprendre devient étrange. On se dit que l’autre a tourné la page, qu’il va juger, qu’il n’en a pas envie, alors on repousse encore.
C’est un mécanisme très humain: on évite une petite gêne immédiate et on accepte une grande perte à long terme. Et comme personne ne claque la porte, on se raconte que tout va bien.
Enfant, on est proches par défaut. Adulte, on devient différents : Horaires, villes, revenus, couple, enfants, valeurs, santé, fatigue. Parfois la divergence est heureuse; parfois elle crée une distance.On attend souvent le bon moment mais le bon moment n’arrive jamais. Il faut faire l’inverse: créer le moment, même petit.
Alors décrochez votre téléphone. Choisissez une personne. Reprenez le fil, votre santé en dépend.
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Investissements

Dans la famille Ellison
Je demande le père
L’histoire de Larry Ellison commence par une rupture fondatrice: à neuf mois, après une pneumonie, sa mère le confie à sa tante et à son oncle à Chicago, qui l’adoptent. Jeune, il fonde Oracle, une entreprise de logiciels d’entreprise et de bases de données relationnelles. À la fin des années 1990, il martèle que « l’internet change tout » et pousse Oracle à refondre ses produits pour qu’ils soient déployables via le web. Il joue l’avenir de sa société sur une vision de génie.
Dans la vraie vie, même logique de compétition, il achète en 2009 le tournoi d’Indian Wells au cœur du désert californien près de Palm Springs. Il se construit une réputation de capitaine: owner-skipper de Sayonara, vainqueur en 1998 de la mythique Sydney–Hobart, puis patron d’Oracle Team USA, victorieux de l’America’s Cup (2010, 2013).
Fast-forward, Larry a une nouvelle vision ; celle de l’IA. Le paradoxe, fin 2025, c’est qu’Oracle ressemble de plus en plus à un acteur d’infrastructure du cloud et plus à un vendeur de logiciels. Le point qui inquiète, ce n’est pas la narration « IA », c’est la facture: Oracle a relevé son objectif de capex annuel à environ 50 Md$, contre 35 Md$ auparavant, pour muscler ses data centers, financé en grande partie par de la dette. Du coup, le marché prend peur : Reuters note que le coût d’assurance contre le défaut (CDS) a bondi à des plus hauts d’au moins cinq ans.
Je demande le fils
Pendant ce temps, la famille Ellison joue une autre partie, à Hollywood. David Ellison, via Paramount Skydance, a déclenché une surenchère spectaculaire face à l’accord Netflix–Warner Bros Discovery (WBD). Netflix avait annoncé le 5 décembre 2025 un accord pour racheter les studios et l’activité streaming de WBD pour 72 Md$. Trois jours plus tard, Paramount Skydance a lancé une offre hostile tout en cash à 30 $ par action, valorisant l’opération autour de 108,4 Md$. Le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, est cité via son fonds Affinity Partners dans le financement de l’offre, ce qui aide à comprendre pourquoi Trump a déclaré, le 8 décembre, qu’il « aurait son mot à dire » dans l’examen du deal Netflix–WBD.
Pour Netflix, les synergies sont, elles, faciles à vendre: contrôle d’un portefeuille de franchises (HBO, Warner, DC, Harry Potter), accélération “global” du streaming, et argument “taille critique” face à YouTube.
Le feuilleton n’est pas terminé, mais une chose est déjà claire: les actionnaires actuels de WBD ont tiré le bon ticket. Entre l’offre Netflix et la surenchère à 30 $, la prime est là et le marché l’a intégrée, le titre évolue à un cheveu du prix proposé. En revanche, pour les futurs actionnaires, l’équation est plus délicate: à ce niveau de prix, il faut que les synergies annoncées se matérialisent vite et que le financement reste soutenable, sinon la “victoire” se paiera très cher.
Patrimoine
Un dernier pour la route
En cette fin d’année, il est difficile de résister à l’envie d’écrire quelques mots sur Michael Saylor, l’artisan du virage “Bitcoin” de MicroStrategy. La société a multiplié les levées de dette, notamment via des emprunts convertibles, afin de financer des achats de bitcoin (cours actuel 86’200 $, -8% Ytd). Les niveaux actuels mettent le montage sous pression, et la mécanique devient se grippe lorsque le cours recule, l’effet de levier joue alors à l’envers. Néanmoins, Michael Saylor vient de publier ses “21 préceptes”. Les voici:

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Courtes lettres et longues amitiés, tel est ma devise.
Voltaire
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