Pour le premier mai, nous avons partagé un mot d’humeur sur LinkedIn dans lequel nous expliquions que nous sommes entrain de passer d’un « monde du travail » à un « monde de l’emploi » (lire “C’est la lutte finale”).

Revue de marché

B-R & H Finance - Purement indicatif - 4 Mai 2026 - 19h CET

B-R & H Finance - Purement indicatif - 4 Mai 2026 - 19h CET

Avril 2026, la bourse en mode “risk-on”

Avril a ressemblé à un de ces mois où les marchés décident d'ignorer le calendrier pour rejouer, en accéléré, tout le scénario du cycle économique. L'ambiance était résolument "risk on" : actions mondiales en nette hausse, indices américains et asiatiques bien orientés, et une volatilité actions en chute libre. Le KOSPI signe la meilleure performance du mois, autour de +29.0%, juste devant Bitcoin à +18.0%, tandis que le Nasdaq 100 gagne +15.2% et l'Ethereum +14.0%. À l'autre bout du spectre, l'indice de volatilité VIX décroche de -25.3%, comme si les investisseurs avaient décidé que, pour l'instant, les risques géopolitiques ou monétaires pouvaient patienter. Le pétrole, lui, raconte une histoire différente : le baril de WTI a progressé d'environ +3.6% sur le mois, son quatrième gain mensuel consécutif, avec le Brent frôlant les $114 en fin de mois ; une divergence notable dans un tableau d'ensemble pourtant dominé par l'appétit au risque.

Dans le détail, la dynamique est clairement portée par la technologie et tout ce qui gravite autour de l'IA. Intel, en hausse de +151% depuis le début de l'année, illustre à lui seul le changement de régime pour certains acteurs longtemps considérés comme en retard, tandis que les habitués du podium ; Nvidia, AMD, TSMC, continuent d'enchaîner les progressions à deux chiffres. En Europe, STMicroelectronics, NXP ou Infineon affichent également des hausses spectaculaires, et Nokia, qui gagne 106% depuis janvier, rappelle que même les "anciennes gloires" peuvent profiter d'un nouveau cycle d'investissement dans les réseaux. À l'inverse, la défense recule : Northrop Grumman et Lockheed Martin figurent parmi les plus mauvaises performances du mois, tout comme plusieurs valeurs industrielles exposées aux budgets publics. Le luxe et les banques européennes, très bien orientés en 2025, marquent plutôt une pause, avec des parcours contrastés et des prises de bénéfices sur les noms les plus chers. En Suisse, ABB progresse d'environ +19% sur le mois, symbolisant l'appétit des investisseurs pour les industriels de qualité exposés à l'automatisation et à la transition énergétique, quand d'autres valeurs helvétiques plus défensives restent en retrait.

En toile de fond, deux lectures complémentaires méritent attention. La trajectoire du Bitcoin d'abord : sa forte progression en avril, son étroite corrélation avec le Nasdaq 100 et ses réactions aux annonces de la Fed, combinées à des flux soutenus dans les ETF dédiés, renforcent l'idée qu'il est désormais traité par les investisseurs institutionnels comme un actif de croissance à effet de levier plutôt que comme de "l'or digital". Ensuite, les marchés obligataires et pétroliers : pendant qu'actions et cryptos célébraient, les taux américains remontaient, le 30 ans touchant brièvement 5.03% ; et le pétrole, loin de corriger, intégrait dans ses prix la persistance de la crise du détroit d'Hormuz. En ce début mai, d'ailleurs, les matières premières reculent sensiblement, le brut et les métaux précieux perdant plusieurs pourcents en séance ; rappel que la volatilité n'a pas dit son dernier mot. Pour l'investisseur de long terme, avril rappelle que la performance reste très concentrée sur quelques thèmes ; IA, semi-conducteurs, industriels de qualité, et que l'humeur du marché peut basculer rapidement si le discours des banques centrales change de registre. Raison de plus pour garder la tête froide : dans un printemps où tout semble pousser en même temps, la discipline de diversification reste le seul jardin à entretenir avec constance.

Quelques chiffres

  • La nouvelle batterie Shenxing de CATL se recharge de 10 à 98% en un peu plus de 6 minutes, y compris par grand froid proche de -30°C.

  • En 79 ans, Ferrari a vendu 330'000 voitures, soit autant qu’Hermès en Birkins/Kellys en deux ans et que Rolex en montres en trois mois.

  • Le Brésil représente 22% de la demande mondiale de potasse et dépend des importations pour environ 98% de ses besoins.

Editorial

Les Dardanelles

Les détroits ne sont pas des lignes sur une carte : ce sont des mains posées sur la gorge du monde. En quelques semaines, le détroit d’Ormuz nous l’a rappelé avec brutalité, comme si l’histoire avait décidé de rejouer, en accéléré et à l’échelle du globe, le drame oublié des Dardanelles.

Au début du XXe siècle, Churchill a laissé son nom à un désastre dont les manuels ont simplifié le récit : 20'000 Britanniques envoyés à la mort face aux défenses ottomanes, comme si tout se résumait à l’obstination d’un homme. La réalité était plus désordonnée : ordres contradictoires, hésitations, attaques interrompues alors que plusieurs cuirassés pouvaient encore forcer le passage, état-major divisé et communication brouillée entre les marines et les troupes terrestres. Le détroit des Dardanelles, lui, n’a pas bougé ; ce sont les décideurs qui ont failli. À travers cette gorge étroite de la mer de Marmara, l’Empire britannique pensait maintenir son influence sur les routes vers la Russie ; il y a surtout laissé une part de sa suprématie maritime et de sa confiance en lui-même.

Aujourd’hui, le scénario se rejoue à l’échelle de l’énergie mondiale. Ormuz, goulet minéral de quelques dizaines de kilomètres entre l’Iran et Oman, concentrant près d’un quart du commerce mondial de pétrole transporté par mer et une partie cruciale du gaz liquéfié, est devenu la manette principale d’un chantage planétaire. Quand Téhéran ferme le robinet, même partiellement, ce ne sont pas seulement les tankers qui s’arrêtent : ce sont les chaînes logistiques, les budgets publics, les élections dans les pays importateurs qui se retrouvent sous pression. Comme hier la Turquie gardant l’entrée de la mer Noire, l’Iran découvre qu’un Etat de taille moyenne peut peser comme une puissance impériale dès lors qu’il contrôle le point de passage incontournable d’un flux vital.

Entre Gibraltar, seuil resserré entre Atlantique et Méditerranée, les détroits turcs verrouillés par le régime de Montreux, le canal de Suez ou Bab el-Mandeb, la carte du commerce ressemble à un réseau sanguin où quelques artères sont à la fois indispensables et très exposées. Leur fermeture n’est plus un risque théorique : elle se mesure désormais en Usd, en points d’inflation, en tensions politiques internes.

Ce qui a changé depuis les Dardanelles, ce n’est pas la géographie, c’est notre dépendance. Lorsque 20% de la consommation mondiale de pétrole transite par un couloir de quelques milles nautiques, la moindre escarmouche devient un sujet de banque centrale. L’erreur de lecture serait de croire que tout se joue dans la psychologie d’un chef, un Churchill trop téméraire, un dirigeant iranien trop sûr de son levier, alors que l’essentiel se trouve dans la structure : absence de routes alternatives, concentration du risque, incapacité collective à accepter des redondances coûteuses.

Pour un investisseur, un entrepreneur, un épargnant, ces détroits sont une image utile : votre patrimoine a-t-il lui aussi son Ormuz, ce point unique dont dépend tout le reste ? Une entreprise dont la quasi-totalité des ventes vient d’un seul pays, une famille dont la fortune est concentrée dans un actif, une carrière attachée à une seule compétence sont autant de goulets d’étranglement en puissance. L’histoire navale nous apprend que l’on ne supprime jamais vraiment les détroits ; on apprend seulement à vivre avec eux, en multipliant les voies d’accès, en diversifiant les appuis, en refusant de confier son destin à un couloir unique.

La question n’est donc pas de savoir si l’Iran “étrangle le monde” comme la Turquie aurait “décimé l’Empire britannique”. Elle est de comprendre pourquoi, un siècle plus tard, nous continuons à organiser nos économies, nos chaînes d’approvisionnement et parfois nos vies comme si les détroits n’existaient pas. À l’heure où chaque crise locale devient mondiale en quelques heures, la sagesse n’est peut-être plus dans le courage de forcer le passage, mais dans l’art discret de ne jamais dépendre d’un seul.

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Patrimoine

Family offices : quand l’immobilier “refuge” devient un risque d’illiquidité

En 2026, Knight Frank estime qu’on atteindra environ 10'000 family offices dans le monde, en croissance d’environ 5% par an, avec 40% basés en Amérique du Nord et près de la moitié du reste répartie entre Europe et Asie‑Pacifique. Leur point commun : une appétence marquée pour l’immobilier détenu en direct, perçu comme un actif tangible, “asset‑backed”, aligné avec l’horizon intergénérationnel. Beaucoup de ces familles décrivent la brique comme un quasi‑refuge, et l’augmentation de la part de la fortune investie en immobilier commercial illustre ce glissement : chez les HNWI, l’allocation à la pierre tertiaire détenue en direct est passée, en quinze ans, d’un faible pourcentage à plus de 20% de la richesse investissable en 2023.

Le Family Office Survey 2026 montre pourtant un changement silencieux : les stratégies deviennent plus ciblées, plus “value‑add”, avec une montée de l’opérationnel (data centres, logistique, santé, résidentiel géré) et, surtout, une multiplication des juridictions d’investissement. Dans le même temps, la géopolitique vient rappeler que l’immobilier n’est pas un refuge abstrait : le conflit iranien plane sur la région du Golfe alors même que Dubaï et Abu Dhabi restent des hubs majeurs de deals et de ventes super‑prime, ce qui concentre à la fois les opportunités et les risques. Comme le souligne Knight Frank, ces marchés entrent en 2026 après une année 2025 exceptionnelle, mais sous un “backdrop” d’incertitude accrue.

Pour une famille qui raisonne en décennies, la vraie question n’est plus “faut‑il plus d’immobilier ?” mais “où pouvons‑nous accepter d’être illiquides pendant dix ou quinze ans ?”. La montée en puissance des family offices montre que le jeu se déplace des produits vers la gouvernance : capacité à arbitrer entre rendement et contrôle, à limiter le nombre de pays où l’on est exposé à la fois comme propriétaire, contribuable et héritier. L’immobilier reste un pilier, mais vu à travers un prisme plus exigeant : moins de coups de cœur, plus de scénarios de sortie, y compris dans l’hypothèse où le “refuge” d’aujourd’hui deviendrait, demain, une place dont il est difficile de sortir.

Un fanatique est quelqu’un qui ne peut pas changer d’avis et qui ne change pas de sujet.

Winston Churchill

Devrions-nous travailler ensemble

Fondée en 2004, B-R & H Finance SA est une entité suisse spécialisée dans la gestion de patrimoines. Nous proposons une gamme complète de services et de conseils en investissements, personnalisés et indépendants. Sous la réglementation de SO-Fit et avec l'agrément de la FINMA, nous sommes également membres de l'ASG (Association Suisse des Gérants de Patrimoine Indépendants) et travaillons avec des banques dépositaires de premier plan.

Chez B-R & H Finance, nous croyons que la gestion de patrimoine va bien au-delà des chiffres. C'est une histoire de confiance, de compréhension et de relations humaines. Nous nous engageons à offrir un service sur mesure qui reflète vos valeurs et vos ambitions. La sérénité, la sécurité et la prospérité sont au cœur de notre mission.

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