La prochaine édition sera comme chaque année, à l’approche d’Art Basel, consacrée au marché de l’art.

Revue de marchés

Les 3 tableaux sont purement indicatifs - B-R & H Finance - Online - 02.06.2026 14h CET

Une bourse à 2 vitesses

En Bourse, 2026 ressemble de plus en plus à un marché à deux vitesses, tiré par l’obsession IA et quelques mégacaps, tandis que le reste de l’économie avance beaucoup plus lentement.

Vue d’ensemble

Sur un mois, les actions restent bien orientées, avec un MSCI World en hausse d’environ 4.4%, emmené par les indices américains et asiatiques. Le KOSPI coréen s’envole à +33.4% sur la période et fait figure de locomotive mondiale. Derrière, le Nikkei 225 progresse de 12.1%, le Nasdaq 100 de 10.1% et le S&P500 de 5.1%, là où l’Eurostoxx600 se contente d’environ 2.5% et le CAC40 de 1.5%. Les matières premières restent contrastées: l’or recule légèrement (‑1.4%) tandis que le pétrole Brent corrige nettement (‑13.9%), dans le sillage aussi d’un Bitcoin en baisse de 10.6% et d’un Ethereum à ‑13.6%.

Cette bonne tenue des indices mondiaux intervient alors même que la croissance réelle ralentit en Europe: la France a ainsi vu son PIB se contracter de 0.15% au premier trimestre 2026, avant même que les tensions au Moyen‑Orient et le choc iranien ne soient réellement intégrés dans les chiffres.

L’obsession IA

Le cœur de marché est désormais clairement technologique: 48% du S&P500 est, d’une manière ou d’une autre, lié à l’IA, qu’il s’agisse de semi‑conducteurs, de cloud ou de logiciels. Les gagnants du mois sont d’ailleurs presque tous dans cette sphère. Micron Technology (+78.13% sur le mois) et SK hynix (+77.06%) dominent le palmarès, suivis par Murata Manufacturing (+76.40%), MediaTek (+71.26%), Snowflake (+69.38%) ou encore Datadog (+68.11%). Super Micro Computer (+56.91%), Qualcomm (+55.96%) et Dell Technologies (+54.16%) complètent ce top 10 résolument “AI‑related”. Côté perdants, on retrouve des valeurs beaucoup plus défensives ou domestiques: Zoetis (‑31.24%), OSI Systems (‑21.53%) ou Herbalife (‑21.53%) font partie des principaux reculs.

Le symbole de cette nouvelle ère, c’est la vitesse à laquelle la Bourse valorise les “picks & shovels” de l’IA: Micron a mis 48 jours pour passer de 500 milliards à 1'000 milliards de capitalisation, là où Berkshire Hathaway a eu besoin de 1'500 jours pour accomplir le même trajet. SK hynix a, lui aussi, franchi le cap des 1'000 milliards, emporté par la ruée sur les mémoires haute performance. Dans ce contexte, le retour des introductions en Bourse de la galaxie IA, de SpaceX à Anthropic, rappelle les grandes vagues de listings passées; espérons seulement que l’investisseur individuel ne se retrouve pas à nouveau le dernier à tenir la “patate chaude”.

Luxes et poches plus discrètes

En marge de cette euphorie technologique, certains secteurs évoluent de manière plus heurtée. Le compartiment du luxe affiche en moyenne une performance annuelle modeste de +2.20%, avec un mois légèrement négatif à ‑0.23%. Zegna tire son épingle du jeu avec +40.41% depuis le début de l’année, suivi par Swatch à +34.41% (et sa Oak Pop) et Salvatore Ferragamo à +13.12%. À l’inverse, plusieurs grands noms souffrent: Hermès recule de 22.48% depuis janvier, LVMH de 24.13% et Kering de 15.28%, tandis que Burberry perd 8.14%.

Cette dispersion au sein d’un même secteur illustre bien l’environnement actuel: le marché ne paie plus une “histoire de marque” en bloc, il trie finement entre ceux qui arrivent à recréer de la désirabilité et ceux qui subissent le ralentissement de la demande en Chine ou en Europe. Pour l’investisseur de long terme, cela milite pour une sélectivité accrue plutôt qu’un simple achat d’indice sectoriel.

Lecture pour l’investisseur de long terme

Au‑delà des titres spectaculaires, la question clé est celle de la durabilité de cette prime IA. Les capitalisations à 1'000 milliards et les hausses mensuelles de 50–80% ne peuvent pas se reproduire indéfiniment; la mécanique du cycle rappelle qu’un jour, les attentes devront être alignées sur des flux de trésorerie.

Pour un portefeuille patrimonial, cela plaide pour rester exposé à la vague technologique, car elle est réelle, mais en gardant une discipline de valorisation, une diversification géographique et sectorielle (y compris dans des segments plus défensifs comme la santé ou la consommation de base), et une poche de liquidités pour saisir les excès quand le manège s’arrête.

Quelques chiffres

  • La personne moyenne en Amérique du Nord/Océanie gagne environ treize fois plus qu’une personne moyenne en Afrique subsaharienne, même après ajustement des niveaux de prix.

  • En 2025, la dépense moyenne d’éducation par enfant est d’environ 220 (en parité de pouvoir d’achat) en Afrique subsaharienne, contre 7'430 en Europe et 9'020 en Amérique du Nord/Océanie.

  • La part du capital dans le revenu mondial est passée d’environ 39% à 47% depuis 1980, renforçant le rôle des détenteurs d’actifs dans la création de richesse.

Editorial

Faut-il étudier l’histoire ?

Un soir, je discute avec un étudiant de master en physique quantique d’une grande école suisse, ETH ou EPFL. Il manipule des équations qui me dépassent, il se promène dans les espaces de Hilbert comme d’autres dans les couloirs du tram. En revanche, si je mentionne Sun Tzu, Clausewitz, Machiavel, Kissinger, Metternich, rien ne se passe. Silence poli.

Quelques semaines plus tard, autre conversation, autre master, autre discipline. Nous parlons du Proche-Orient, le mot Israël apparaît, et je réalise que mon interlocuteur ne sait pas exactement quand l’État a été fondé. Ce n’est pas un défaut d’intelligence, ni un manque de curiosité personnelle. C’est simplement un angle mort.

Ce ne sont pas des exceptions. Ce ne sont pas des « cas » qu’il faudrait corriger. Ce sont des profils très compétents, très demandés, très représentatifs d’une génération pour qui pour qui le futur est un projet et le passé, souvent, un simple arrière‑plan.

On cite souvent la formule : « ceux qui ne connaissent pas le passé sont condamnés à le répéter ». C’est dramatique, et ce n’est pas tout à fait exact. On peut très bien vivre, travailler, réussir en ne sachant rien de Metternich. Mais on paie un prix invisible : on se croit original alors qu’on rejoue des scénarios très anciens. L’illusion que « cette fois, c’est différent » fait plus de dégâts, en politique comme en investissement, que bien des crises.

Vous n’avez pas besoin de connaître ces noms pour coder, investir ou entreprendre. Vous pouvez avoir une belle carrière en ignorant totalement le Congrès de Vienne ou la diplomatie de la Guerre froide. Le monde moderne vous donne même l’impression que vous avez raison : tout va si vite que le passé semble une distraction. Le problème, brutal et très concret, est ailleurs : si vous ne connaissez pas un minimum le passé, vous ne voyez pas arriver ce qui est inévitable. Et ce qui est inévitable, ce n’est pas l’IA ni la quantique. Ce sont l’orgueil, la peur, la jalousie, l’égoïsme, la répétition.

Sun Tzu parle de gagner avant de se battre. Clausewitz décrit le brouillard et le chaos, lorsque rien ne se déroule comme prévu. Machiavel s’intéresse à la nature réelle des gens, pas à ce qu’ils déclarent. Kissinger et Metternich réfléchissent à des équilibres fragiles qui maintiennent un continent dans une paix relative. Vous pouvez oublier leurs noms, mais ces situations, vous allez les rencontrer : dans une entreprise, dans un board, dans un pays, dans votre portefeuille. L’histoire ne sert pas à briller dans les dîners en ville. Elle sert à reconnaître plus vite le décor dans lequel vous entrez.

Talleyrand résumait l’art de gouverner comme la capacité à voir ce qui doit forcément arriver et à en préparer les conditions. C’est exactement le sujet. La technologie ouvre des portes, la stratégie décide lesquelles franchir, quand, et avec qui. Un algorithme quantique peut optimiser une décision. Il ne peut pas trancher ce qui est acceptable, supportable, soutenable. Cela reste votre responsabilité. Et pour l’assumer sans trop de dégâts, quelques siècles de tentatives, d’erreurs et de corrections ne sont pas superflus.

Vous pouvez penser que le monde commence avec vous. Beaucoup l’ont cru avant vous. Ils ont inventé des choses remarquables, et répété, parfois à l’identique, les mêmes erreurs que leurs arrière‑grands‑parents. Au fond, le choix est assez simple : avancer très vite dans la nuit, en pariant que votre instinct suffira, ou emporter au moins deux ou trois bousoles empruntées à ceux qui ont déjà traversé quelques tempêtes.

Les physiciens travaillent, souvent sans y penser, sur les épaules de Planck, Einstein, Heisenberg, Schrödinger. Les mathématiciens exercent dans un paysage façonné par Euclide, Newton, Gauss, Grothendieck, ce géomètre du XXe siècle qui a reçu la médaille Fields pour ses travaux en géométrie algébrique. Les médecins s’appuient chaque jour sur Pasteur, Fleming, Curie, et sur des décennies de protocoles ajustés par essais et erreurs. Personne ne trouve absurde de profiter de cet héritage pour soigner mieux, calculer plus vite ou comprendre plus finement la matière. En physique, en maths, en médecine, repartir de zéro serait vu comme une absurdité. Pourquoi, dès qu’il est question de stratégie, de pouvoir, de diplomatie, devient‑il soudain raisonnable de faire comme si rien n’avait été tenté avant nous ?

Recevez le premier et le troisième mercredi de chaque mois quelques reflexions sur les marchés financiers (mais pas seulement).

Si vous appréciez cette newsletter, merci de la faire suivre.

Patrimoine

Grandes fortunes et petites démocraties : l’angle mort du rapport sur les inégalités

Le « World Inequality Report 2026 » vient d’être publié.  Il offre une photographie très détaillée des écarts de revenu et de patrimoine à l’échelle mondiale. On y lit que les 10% les plus aisés détiennent environ trois quarts de la richesse mondiale, tandis que la moitié la plus pauvre de l’humanité ne possède qu’environ 2% du patrimoine. Plus spectaculaire encore, moins de 60'000 personnes, soit 0.001% de la population adulte, possèdent à elles seules trois fois plus de richesse que cette moitié la plus modeste.

Le rapport insiste toutefois sur un point que le débat public oublie souvent. Ces inégalités ne sont pas présentées comme le résultat d’un vice moral d’une minorité, mais comme l’aboutissement de choix politiques, fiscaux et institutionnels accumulés dans le temps. Les auteurs ne prescrivent ni niveau « idéal » d’inégalité ni modèle unique d’organisation sociale, et se limitent à fournir un socle de données pour alimenter la discussion démocratique. 

L’Europe » ressort comme l’une des zones les moins inégalitaires une fois la redistribution intégrée. Avant impôts et transferts, les auteurs estiment qu’en Europe le revenu moyen des 10% les plus aisés est environ 19 fois supérieur à celui de la moitié la moins favorisée, alors qu’après prise en compte des prélèvements et prestations, ce ratio tourne autour de 10. À l’autre extrémité, certaines régions combinent faibles revenus moyens et rapports supérieurs à 40 entre les 10% du haut et les 50% du bas, avec une redistribution bien moindre.

Autre trait marquant du rapport, la richesse privée a beaucoup augmenté alors que la position patrimoniale des États s’est souvent fragilisée. Entre 1995 et 2025, le stock de richesse mondiale est passé d’un peu plus de 400% du revenu annuel à plus de 600%, mais l’essentiel de cette hausse s’est concentré dans le secteur privé. Dans plusieurs régions développées, le patrimoine net des ménages et des entreprises dépasse désormais 500% du revenu, alors que le patrimoine public est proche de zéro, voire négatif, les États étant devenus débiteurs nets.

À l’échelle mondiale, les femmes ne perçoivent qu’un peu plus d’un quart du revenu du travail et leur part progresse très lentement depuis 1990. Une fois le travail domestique pris en compte, elles travaillent en moyenne plus d’heures que les hommes, mais n’atteignent qu’environ 32% de leur revenu horaire, ce qui freine durablement leur capacité à constituer un patrimoine autonome. 

Et l’angle mort, me direz-vous

Deux pays ; la Suisse et le Luxembourg sont absents de ce rapport. Pourtant, ils présentent des disparités de patrimoine très importantes, une forte densité de fortunes élevées, et jouent un rôle central dans la finance internationale. Ils ne sont pas mis en avant comme symboles d’« injustice ». Autrement dit, la seule présence de grandes fortunes ne suffit manifestement pas, aux yeux des auteurs, à qualifier un pays de problème majeur en matière d’inégalités. Ce qui compte, ce sont les conditions autour : niveau de revenu moyen, filet social, accès à l’éducation et à la santé, stabilité des institutions, capacité de redistribution.

Au total, le rapport décrit un monde où la concentration de la richesse est réelle, parfois spectaculaire, mais où la situation de chaque pays dépend très fortement de son architecture institutionnelle. 

L’histoire se répète, la première fois comme une tragédie, la deuxième fois comme une farce

Karl Marx

Devrions-nous travailler ensemble

Fondée en 2004, B-R & H Finance SA est une entité suisse spécialisée dans la gestion de patrimoines. Nous proposons une gamme complète de services et de conseils en investissements, personnalisés et indépendants. Sous la réglementation de SO-Fit et avec l'agrément de la FINMA, nous sommes également membres de l'ASG (Association Suisse des Gérants de Patrimoine Indépendants) et travaillons avec des banques dépositaires de premier plan.

Chez B-R & H Finance, nous croyons que la gestion de patrimoine va bien au-delà des chiffres. C'est une histoire de confiance, de compréhension et de relations humaines. Nous nous engageons à offrir un service sur mesure qui reflète vos valeurs et vos ambitions. La sérénité, la sécurité et la prospérité sont au cœur de notre mission.

Programmes d’affiliation et articles sponsorisés : Veuillez noter que, bien que nous nous efforcions de fournir des informations précises et à jour, nous ne sommes pas responsables du contenu des sites externes référencés dans nos articles, rapports ou tout autre matériel. Certains liens peuvent vous diriger vers des programmes d'affiliation ou des articles sponsorisés, qui seront indiqués par un astérisque (*). Nous ne gérons ni ne cautionnons les pratiques de confidentialité, le contenu ou les politiques de ces sites tiers. Nous vous encourageons à lire attentivement les politiques de confidentialité et les termes et conditions de ces sites avant tout engagement.

Avertissement : Ce bulletin d'information est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement, une recommandation, une offre ou une sollicitation pour acheter ou vendre des titres ou adopter une stratégie d'investissement. Les informations, opinions et analyses présentées ici sont basées sur des sources considérées comme fiables et sont exprimées de bonne foi, mais aucune garantie, explicite ou implicite, n'est donnée quant à leur exactitude, exhaustivité ou fiabilité. Les investissements en bourse sont soumis à des risques de marché et d'autres risques et il n'est pas garanti que les objectifs d'investissement seront atteints. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Continuer la lecture