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Revue de marché

B-R & H Finance / Purement indicatif

B-R & H Finance / Purement indicatif

B-R & H Finance / Purement indicatif
In umbra Vesuvii saltamus
(Nous dansons à l’ombre du Vésuve)
Fin août 79, les habitants de Pompéi vivaient au pied d’une montagne qu’ils prenaient pour un simple décor, jusqu’au jour où le Vésuve projeta un nuage brûlant qui enterra la ville sous près de 6 mètres de cendres en moins de deux jours. En écrivant ces lignes, le jour de mon anniversaire, que je célèbre justement à Pompéi, je ne peux m’empêcher de penser à ces 2'000 habitants foudroyés parmi les 20'000 que comptait alors la cité, saisis par une chaleur de plus de 500 degrés (et on nous parle de canicule…), sans même avoir eu le temps de lever les bras pour se protéger. Aujourd’hui, près d’un million de personnes vivent à nouveau dans le rayon d’une éventuelle éruption, un peu comme nous autres investisseurs qui continuons de contempler des marchés aux airs de carte postale, avec une volatilité basse et des indices proches de leurs sommets, tout en sachant que sous nos pieds, les plaques géopolitiques, budgétaires et monétaires continuent de bouger.
Retour sur un moment de panique de quelques heures
Le 23 juin, le KOSPI chute de près de 10% et déclenche une suspension des échanges, à cause de ventes forcées sur des ETF à effet de levier adossés à Samsung et SK Hynix. Dans le même temps, le PHLX Semiconductor Index abandonne près de 8% en une séance, l’une des pires chutes depuis 2020. Le sell‑off du 23 juin fait plier le Nasdaq et le S&P 500, qui terminent le mois dans le rouge. Notre panier des Data Centres (voir tableau) reste pourtant très positif sur l’année, avec +55.20% YTD pour une capitalisation totale de Usd 3.15 trn, mais il recule de 1.35% en MTD.
Les marchés plus « value » résistent mieux: le SMI, l’IBEX ou le Nikkei affichent des gains de 3–6% sur le mois, alors que le MSCI World recule de 0.7%.
Taux, matières premières et Bitcoin
Les rendements souverains demeurent élevés, la courbe américaine reste inversée et les investisseurs intègrent un scénario de taux directeurs supérieurs à 4% pendant une bonne partie de 2026. Le pétrole Brent s’est nettement détendu au printemps et oscille autour de 70–75 Usd, au gré des allers‑retours dans les discussions entre Washington et Téhéran. Pendant ce temps, la descente aux enfers du BTC se poursuit avec un cours qui avoisine les Usd 58.5k (Strategy Inc dévisse de 45% sur le mois, ce qui était prévisible). L’argent, lui, se traite à environ la moitié de son plus haut de l’année (Usd 60 l’once).
Quelques chiffres
Compte rendue de Art Basel, Basel 2026 : Le segment supérieur du marché s’est montré résolument actif. Nous étions dans les travées et n’avons pas ressenti la même exubérance ni entendu parler anglais (les américains se concentrant sur Art Basel, Paris).
Pablo Picasso, Le peintre et son modèle dans un paysage (1963) — 35 millions USD — vendu par Hauser & Wirth dès le premier jour. Décrit comme une toile de fin de période peinte en plein air, l’œuvre a trouvé preneur à son prix affiché dans les premières heures.
Gerhard Richter, Abstraktes Bild (940-7) (2015) — 20 millions USD — également vendu par Hauser & Wirth.
David Hockney, Studio Interior n°2 (2014) — 8,5 millions USD — vendu par GRAY (Chicago), concomitamment au décès de Hockney survenu début juin.
Excellent résumé par artnet et The Art Newspaper
Editorial
Le grand déclassement
Il y a des pays qui s’appauvrissent lentement, comme on vide une cave sans regarder les étiquettes. On commence par vivre des revenus du patrimoine, puis l’on entame le capital, et, quand la pente s’accentue, on ne protège plus le futur: on hypothèque le présent.
La nouveauté, c’est que la richesse, elle, n’a pas disparu. Elle a changé d’adresse. La mondialisation a déplacé les épicentres de création de valeur vers les États-Unis, l’Asie, et surtout vers quelques secteurs capables de créer du capital à une vitesse inconnue des vieilles économies patrimoniales. Le résultat est presque cruel: le nouveau riche de San Francisco, de Shenzhen ou de Bangalore finit par acheter la pierre de Paris, la maison de Saint-Tropez, le chalet de Saint-Moritz, le sac qui porte un nom propre, ou le portrait de la grand-mère par Foujita.
On a longtemps répété qu’une fortune se défaisait en trois générations. Le grand-père crée, le père entretient, les enfants dilapident. C’est une formule de moraliste, mais elle devient une grille de lecture politique quand on la transpose à un pays. D’abord, on privatise. Puis, on s’endette. Ensuite, la tentation fiscale: quand on ne peut plus prélever sur la croissance, on prélève sur l’épargne. Le problème est que la capacité à taxer n’est pas infinie. Elle protège un temps, puis elle finit par freiner ce qu’elle prétend sauver.
À la naissance du G7, au milieu des années 1970, la plupart de ses membres affichaient encore la meilleure signature possible chez S&P ou Moody’s, avec des AAA qui allaient de soi. Cinquante ans plus tard, l’image a changé: les États-Unis ont perdu leur dernier AAA chez Moody’s en 2025, rejoignant la zone des “simples” AA, tandis qu’au sein du G7 seuls l’Allemagne et le Canada conservent encore la note maximale auprès d’au moins une des deux grandes agences, dans un club mondial de souverains AAA réduit à une petite douzaine de pays.
Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la contraction du club, mais son déplacement. Les grands émetteurs AAA sont désormais souvent de plus petites économies très disciplinées, alors que les anciennes puissances budgétaires de référence accumulent dette et intérêts à un rythme que le FMI juge préoccupant pour la croissance. Ce n’est pas une nuance technique, c’est un changement de régime. Quand le coût du service de la dette progresse plus vite que la richesse produite, l’État n’est plus un investisseur de long terme mais un ménage surendetté: il consacre une part croissante de son budget à payer les intérêts d’hier plutôt qu’à préparer demain. La France illustre ce glissement: la dette publique dépasse les 110% du PIB, et les projections évoquent des charges d’intérêts pouvant approcher Eur 100 milliards par an à l’horizon 2029 si rien ne change, ce qui en ferait le premier poste budgétaire de l’État. Le déclassement d’un pays finit toujours, un jour ou l’autre, par se traduire dans le relevé de compte d’une famille.
Dans la France d’avant l’euro, une fortune de Ffr 100 millions plaçait sans discussion son détenteur dans le camp des “grandes fortunes”. Aujourd’hui, Eur 15 millions permettent une vie très confortable, mais plus nécessairement l’aisance qui vous fait remarquer par un private banker américain à un cocktail d’Orange County. La mondialisation a changé l’échelle: ce qui relevait hier de la grande aisance nationale correspond de plus en plus à une aisance supérieure, mais banale, à l’échelle mondiale. La fortune de famille, qui servait de bouclier, devient une base imposable parmi d’autres.
Pendant ce temps, d’autres fabriquent des fortunes à une vitesse inédite. L’introduction en Bourse de SpaceX, par exemple, aurait créé plus de 4'400 nouveaux millionnaires et près de 400 centi-millionnaires parmi ses salariés et anciens salariés, selon les estimations de Hill.com reprises par plusieurs médias. C’est l’un des plus grands événements de création de richesse individuelle liés à une IPO, avec des fortunes nées en quelques heures dans les ateliers, les bureaux d’ingénieurs et jusque dans les cantines de l’entreprise.
Le grand déclassement, au fond, n’est pas une statistique de plus. C’est le moment où un État et ses citoyens se découvrent dans le rôle que tenaient autrefois certaines familles: vivre de leurs rentes, vendre un peu de patrimoine, puis beaucoup, avant de se demander ce qu’il restera à transmettre. La seule question qui compte alors pour un pays comme pour un ménage est la même: veut-on être propriétaire de son futur ou simple bailleur de son passé ?
Mais, il y a dans ce grand déclassement une leçon de sobriété. Une fortune, un pays, une civilisation ne tiennent pas seulement par la qualité de leurs souvenirs, mais par leur capacité à créer du revenu nouveau. Quand cette capacité s’étiole, le patrimoine devient un musée. Et un musée, même très chic, vit toujours sur la même équation: quelqu’un d’autre doit payer l’entrée.
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Patrimoine
Entre barèmes cantonaux et échanges automatiques : la nouvelle géographie Suisse de l’impôt
L’impôt sur la fortune
Le rapport : “ Clarity of Swiss Taxes” de KPMG (mise à jour 2026), rappelle que la Suisse reste l’un des rares pays de l’OCDE à maintenir un impôt annuel sur la fortune, prélevé exclusivement au niveau cantonal et communal. Les taux maximaux cantonaux se situent dans une fourchette d’environ 0.13% à 0.86% selon PwC, ce qui place la Suisse au-dessus de nombreux pays européens qui n’appliquent plus de véritable impôt sur la fortune, mais à des niveaux nettement inférieurs aux expérimentations ponctuelles de « super‑taxes » débattues ailleurs.
Sur le plan technique, la base imposable est le patrimoine net mondial du résident fiscal suisse : comptes, titres, participations, crypto‑actifs, œuvres d’art (pas toujours) et autres biens de valeur y entrent, après déduction des dettes, avec des abattements qui peuvent atteindre Chf 100'000 à 200'000 pour un couple selon le canton. L’immobilier étranger reste en principe imposé dans l’État de situation, mais il est pris en compte pour fixer le taux applicable, ce qui renforce l’importance des tableaux de barèmes par tranches et des seuils de progression. Pour un contribuable fortuné, le choix du canton est donc un paramètre quantifiable, et pas seulement une préférence géographique.
La ville de Zurich illustre cette mécanique. Le canton applique un barème progressif d’impôt sur la fortune, auquel s’ajoutent un multiplicateur communal pour obtenir la charge finale. Les facteurs municipaux varient, ce qui crée une carte fiscale à l’intérieur même du canton : le contribuable zurichois ne choisit pas seulement un canton mais, de facto, une commune, avec des conséquences mesurables sur la facture cumulée revenu + fortune. Dans la pratique, les différences intra‑cantonales restent toutefois modestes par rapport au contraste entre cantons de Suisse centrale à faible fiscalité et cantons urbains plus lourds.
L’impôt sur le revenu
Pour l’impôt sur le revenu, les comparaisons nationales montrent un « couloir » clair entre cantons à hauts et bas niveaux de prélèvement. Des synthèses récentes situent les cantons de Zug, Schwyz et Nidwald parmi les plus avantageux en termes de taux marginaux supérieurs, avec des taux maximum de l’ordre de 22% à 24% pour les revenus élevés. À l’autre extrémité, Genève, Vaud et Berne figurent régulièrement parmi les cantons les plus imposés, avec des taux maximum qui peuvent dépasser 40% (autour de 41% à 43% pour les tranches les plus élevées selon les statistiques de 2024–26).
L’impôt sur les entreprises
Sur le plan des entreprises, la mise en œuvre progressive du qualified domestic minimum top‑up tax (QDMTT) au 1er janvier 2024, puis de l’income inclusion rule (IIR) au 1er janvier 2025 dans le cadre du Pilier 2 (taux minimum effectif de 15% pour les groupes de plus de Eur 750 millions de chiffre d’affaires) harmonise davantage la fiscalité des grands groupes sans modifier directement l’impôt sur la fortune des particuliers.
La transparence est le troisième pilier de ce cadre
Le rapport 2026 du Global Forum de l’OCDE sur le renforcement des capacités souligne que 172 juridictions appliquent désormais les standards d’échange d’informations sur demande (EOIR) et d’échange automatique de renseignements (CRS), et que plus de 20'000 agents fiscaux ont été formés en 2025 à l’utilisation de ces outils. Pour les structures transfrontalières impliquant des résidents suisses et européens, cela signifie que les montages reposant sur l’opacité – sociétés écrans non déclarées, comptes omis, divergences entre les registres économiques et la réalité – sont de plus en plus détectables, et que le risque principal n’est plus la variation d’un barème cantonal mais la remise en cause rétroactive d’un schéma jugé non conforme.
En conclusion
L’intérêt patrimonial de ce « cluster » fiscal tient à l’articulation entre ces couches : un impôt sur la fortune modéré mais permanent, une fiscalité du revenu compétitive, et un régime de gains en capital privés généralement favorable, le tout dans un environnement de plus en plus transparent.
Dans ce contexte, la planification patrimoniale suisse se déplace de la recherche de « niches » vers la construction de structures robustes et alignées : une domiciliation cantonale assumée, des véhicules de détention explicites, une documentation cohérente entre les différentes juridictions et un reporting qui anticipe l’échange automatique d’informations. Pour des familles disposant de patrimoines importants à Zurich, la question clé n’est plus seulement de savoir si l’on paie 0.25% ou 0.35% d’impôt sur la fortune, mais si la manière dont cette fortune est organisée résistera à vingt ans de durcissement progressif des normes internationales.
Quand on a une fortune suffisante pour faire de fréquents voyages, la distance compte peu.
Jane Austin
A propos de B-R & H Finance
Fondée en 2004, B-R & H Finance SA est une entité suisse spécialisée dans la gestion de patrimoines. Nous avons une gamme complète de services et de conseils en investissements, personnalisés et indépendants. Sous la réglementation de SO-Fit et avec l'agrément de la FINMA, nous sommes également membres de l'ASG (Association Suisse des Gérants de Patrimoine Indépendants) et travaillons avec des banques dépositaires de premier plan.
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