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B-R & H Finance ● Les 4 saisons
Février 2026

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Revue de marché
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B-R & H Finance - 02.02.2026 11h CET - Purement indicatif

B-R & H Finance - 02.02.2026 11h CET - Purement indicatif
C’est pas gagné
Janvier a démarré sur une vague d'optimisme avant de se terminer dans la volatilité. Les marchés mondiaux ont connu un mois contrasté, avec un MSCI World en hausse de 2.2% mais un écart spectaculaire entre régions et secteurs. La Corée du Sud a surpris en franchissant pour la première fois les 5'000 points (KOSPI +17.5%), portée par une rotation sectorielle des semi-conducteurs vers l'automobile, la défense et le nucléaire, tandis que les marchés émergents progressaient d'environ 6.6%. Aux États-Unis, le S&P500 a gagné un modeste 1.4%, pénalisé notamment par la correction brutale de Microsoft (-10% en une séance après des résultats décevants sur Azure), alors que l'Europe affichait une performance hétérogène : le Stoxx Europe 600 montait de 3.2%, mais le CAC40 reculait légèrement.

Le dernier jour du mois a bouleversé l'ensemble des actifs réels : la nomination par Donald Trump de Kevin Warsh, un faucon historique de la politique monétaire, comme prochain président de la Réserve fédérale a déclenché un « flash crash » historique sur l'or (-12% à 4'900 dollars l'once) et l'argent (-30% à 85 dollars), les marchés ayant largement misé sur un profil plus accommodant. Cette chute s'est amplifiée par une cascade d'appels de marge du CME (relèvements de 33% pour l'or et 36% pour l'argent) qui a forcé les traders à liquider massivement leurs contrats à terme.
Côté actions, janvier a consacré deux thématiques majeures. D'une part, la défense et l'énergie nucléaire : Lockheed Martin (+27.6%), Saab (+21.9%) et Kongsberg (+20.8%) ont bondi après l'annonce par Trump d'un budget militaire américain de 1'500 milliards de dollars pour 2027, soit une hausse de 50%, tandis que les tensions autour du Groenland ont alimenté les achats de titres européens. D'autre part, la santé et les technologies avancées : Moderna a flambé de 42.8% (voir Investissements ci-après), tandis que Micron Technology (+31.5%), Lam Research (+26.2%) et Asml (+19.7%) ont profité de la vague coréenne et des attentes liées au cycle de l'intelligence artificielle. À l'inverse, plusieurs poches se sont effondrées. Le luxe a déçu : après des résultats de LVMH jugés insuffisants malgré un léger dépassement des attentes (croissance organique de 1%, mais un recul de 3% dans la maroquinerie-mode et seulement 1% de hausse en Asie), le titre a chuté de 8% en une séance, entraînant Ferragamo (-21.2%), Zegna (-16.7%) et d'autres noms du secteur. Bernard Arnault a prévenu que « 2026 ne sera pas facile », citant crises géopolitiques et incertitude économique.

Microsoft a perdu quelque 400 milliards de dollars de capitalisation en une journée. Sur les cryptoactifs, Bitcoin (-11.6% à environ 77'500 dollars) et Ethereum (-23.6% à 2'276 dollars) ont subi des sorties massives de fonds négociés en bourse (plus de 1.1 milliard de dollars en une semaine. Quant aux matières premières, le pétrole a progressé (WTI +8.4%, Brent +8.9%) malgré un consensus d'analystes tablant sur un excédent structurel de plus de 2 millions de barils par jour en 2026 : les bruits géopolitiques (menaces contre l'Iran, sanctions sur la Russie, opération au Venezuela) ont soutenu les cours, même si la plupart des experts anticipent un WTI moyen autour de 59 dollars cette année.
Pour l'investisseur de long terme, janvier 2026 raconte moins un changement de régime qu'une redistribution violente des flux au sein de quelques convictions fortes. La rotation sectorielle coréenne, l'envolée de la défense ou l'enthousiasme autour de certaines biotechs rappellent que les marchés récompensent désormais des thèmes très ciblés – semi-conducteurs, nucléaire, oncologie – plutôt qu'une hausse généralisée. JPMorgan se demande publiquement « quel Warsh allons-nous obtenir ? ». Dans ce contexte, le dollar s'est d'abord affaibli (EUR/USD +1%, USD/CHF -2.1%), puis a rebondi brutalement le jour de l'annonce, illustrant la nervosité des cambistes.
En ce début d’année, le message des marchés tient peut‑être en une image : celle d’un paysage d’hiver déjà baigné d’un peu de lumière, mais où le chemin reste glissant, on avance, mais en gardant une main sur la rambarde.
Quelques chiffres
48.6% : c’est le taux d’inflation annuel en Iran en octobre 2025, l’un des niveaux les plus élevés au monde pour une économie de cette taille.
1.6 million : c’est le nombre approximatif de barils de pétrole exportés chaque jour par l’Iran en 2025, malgré le régime de sanctions international.
34,9% : c’est le taux de chômage des jeunes femmes iraniennes de 20 à 24 ans à l’hiver 2025, plus de quatre fois le taux de chômage moyen officiel du pays.
Editorial
Au début des années 80, notre père est rentré à la maison avec un Commodore 64 sous le bras. C’était cher, c’était encombrant, et c’était surtout, à ses yeux, un pari sur notre avenir. Nous passions des heures à taper des lignes de code sur un clavier en plastique, à lancer de petits jeux de tennis enregistrés sur cassette. Le chargement durait une éternité, la balle clignotait à l’écran, mais nous avions l’impression de tenir l’avenir dans nos mains.
L’année suivante, Apple ouvrait un centre de démonstration avenue Matignon. Le mercredi après‑midi, nous disparaissions parmi les écrans en noir et vert, les floppy disks souples, les souris qui ressemblaient à des briques. C’étaient les ancêtres des MacBook, le monde d’après, déjà là, posé sur des tables en formica blanc. Ni mon frère, ni moi n’avons pris le chemin de la Silicon Valley. Avec le recul, je me surprends parfois à le regretter : nous étions au bon endroit, au bon moment, mais notre regard restait celui de gamins qui jouent, pas celui de pionniers qui bâtissent.
Quelques années plus tard, début de carrière à la Société de Banque Suisse. Un fonds actions françaises – Francevalor – accumulait les déceptions. Le concurrent, Francit, faisait un peu mieux, mais sous‑performait lui aussi l’indice. Par curiosité, je me suis plongé dans Datastream et Lotus 1‑2‑3, l’ancêtre d’Excel, pour tenter de répliquer l’indice. Et cela a marché : nous avions, sans le savoir, un ETF maison. J’ai refermé le fichier, j’ai continué ma vie, et les ETFs sont devenus un marché de plusieurs trilliards. Là encore, le virage était là, clignotant en orange ; je l’ai regardé passer.
Fiancés, nous allions avec Alix chez Kreo, rue Louise‑Weiss derrière la gare d’Austerlitz. Je revois cette chaise « Aston Martin », en acier, dessinée par Andrew Newson qui me faisait rêver. En sortant, nous tombions sur la galerie Perrotin, où l’on proposait des œuvres de Murakami qui, à l’époque, ne valaient pas grand chose : c’était ludique, coloré… mais je n’avais pas l’œil. Mon frère, lui, a très bien acheté des photographes qui sont ensuite devenus célèbres, mais l’engouement pour la photographie s’est émoussé et la cote des Andreas Gursky, Thomas Struth et consorts n’a jamais retrouvé ses sommets d’alors.
On raconte souvent les grands rendez‑vous manqués : le troisième associé d’Apple, Ronald Wayne qui vend ses parts pour Usd 800 (valeur actuelle Usd +300Mia), le bassiste des Beatles qui n’y croyait pas (Stuart Sutcliffe, tristement décédé en 1961). Mais la plupart du temps, nos regrets sont plus discrets. Ce sont les virages que nous ne voyons même pas comme des virages : l’argent qui dort sur un compte à vue, un fonds de pension sous‑capitalisé, un bilan de santé que l’on remet à plus tard, un mandat de gestion que l’on repousse d’année en année “parce qu’on a pas le temps”…
Être au bon endroit au bon moment ne suffit pas; encore faut‑il voir ce que ce moment permet, et accepter d’en tirer une conséquence concrète. En matière de patrimoine comme de carrière, les erreurs qui font le plus mal ne sont pas toujours les faux pas spectaculaires, mais les occasions laissées filer dans un léger confort. La question, pour chacun de nous, n’est pas : “Quel virage ai‑je raté il y a vingt ans ?”, mais plutôt : “ Quelle bifurcation suis‑je en train d’ignorer aujourd’hui ?”.
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Investissements

Assiste-t’on à un “dead-cat bounce”?
Moderna fait partie de ces noms qui condensent en quelques années toute la violence des marchés. Avant 2020, c’était une biotech prometteuse, sans produit commercial, qui vivait de levées de fonds et d’espoir autour de l’ARN messager. La pandémie a tout changé : le vaccin Covid a propulsé le chiffre d’affaires à plus de Usd 19mia en 2022, avant que la demande ne se normalise et que les revenus ne retombent à environ USD 6.7mia en 2023. Quand la vague sanitaire s’est retirée, l’action, qui avait culminé à USD 484 le 9 août 2021, a perdu plus des trois quarts de sa valeur.
En 2024–2025, la purge se poursuit : les ventes de vaccins déclinent toujours, la société réduit la voilure mais enchaîne les pertes, elle conserve tout de même un volant de trésorerie très confortable, de l’ordre Usd 6.5mia fin 2025. A ce stade, le titre se traite comme une biotech en disgrace (plus bas Usd 22.28 en 2025 - maximum drawdown de 95% )
En 2025, le cœur de l’activité reste le vaccin respiratoire : au troisième trimestre, Moderna génére Usd 1mia de chiffre d’affaires, en baisse de 45% sur un an, essentiellement grâce à son vaccin Covid de nouvelle génération mNEXSPIKE. Mais dans le même temps, la direction a envoyé un message plus discipliné au marché : rationalisation des programmes, réduction des coûts, trajectoire financière un peu plus lisible, horizon de retour à l’équilibre esquissé (2028). Et d’un coup, le marché s’est souvenu que, derrière la purge, il restait une plateforme, des partenariats et une option réelle sur des marchés adressables considérables. Par exemple, Il y a cet essai de phase IIb mené avec Merck sur le mélanome qui semble prometteur en montrant une réduction de presque 50% du risque de récidive ou de décès.
Alors assiste‑t‑on à un véritable rerating (+50% à 55% en Ytd), ou seulement à un rebond technique sur un titre survendu ? La combinaison d’un pipeline qui se matérialise, d’un profil financier plus discipliné, d’une visibilité accrue sur la trésorerie, change la façon dont le marché regarde Moderna. Certains analystes commencent à le refléter : BMO Capital Markets est ainsi passé de “market perform” à “buy” en janvier, soulignant le levier potentiel si les vaccins saisonniers et l’oncologie délivrent comme prévu. D’autres restent plus prudents et parlent plutôt de “wait and see”, rappelant que la société reste déficitaire et dépendante de quelques grands essais cliniques.
Pour un investisseur de long terme, l’important est de ne pas confondre sympathie pour l’histoire et place dans le portefeuille. Une entreprise peut connaître un beau retour en grâce en Bourse, mais ce “come‑back” reste fragile. Moderna peut être un satellite assumé, où l’on accepte une volatilité extrême en échange d’une option sur l’innovation, tout en gardant l’essentiel du portefeuille arrimé à des moteurs de rendement moins spectaculaires, mais plus prévisibles.
Il y a 15 jours, nous parlions de Novo Nordisk dans un cas de figure similaire à celui de Moderna. Une étude intéressante vient d’être publiée. Novo est un cas intéressant, particulièrement après sa pire performance sur 1 jour de son histoire hier (-14.60%) sur des résultats plus faibles que prévu.
Lorsque son heure est venue, la proie devient le chasseur.
Proverbe persan
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