Gemini - Hommage à Dali

Revue de marché

B-R & H Finance - Purement indicatif - 15.04.2026 / 11h CET

B-R & H Finance - Purement indicatif - 15.04.2026 / 11h CET

B-R & H Finance - Purement indicatif - 15.04.2026 / 11h CET

Retour à la normale ?

Depuis le début du mois, les actions mondiales progressent à vive allure, avec un indice global en hausse d’environ 6.26%. Le haut du classement est dominé par SK Hynix, Micron Technology et Intel, dont les gains mensuels se situent entre 20% et 30%, preuve que les semi‑conducteurs restent au cœur de la dynamique de marché. À l’autre extrémité du spectre, ServiceNow, Intuit et Atlassian cèdent autour de 10% à 14% sur la période, signe d’une rotation au sein même de la technologie et d’un regain de pression sur les éditeurs de logiciels de croissance.

En Europe, la dispersion est forte mais les ordres de grandeur restent plus contenus. STMicroelectronics et Nokia gagnent entre 15% et 21% ce mois‑ci, devant Vivendi et ArcelorMittal qui s’adjugent environ 11% à 15%. À l’inverse, Hermès International, Accenture et SAP reculent d’environ 5% à 7%, tandis que Kering et Kongsberg Gruppa perdent autour de 4% à 5%. Le message est clair: la technologie européenne bénéficie encore pleinement du cycle IA, tandis que le luxe et certains services subissent un épisode de prises de bénéfices.

Le marché suisse, enfin, illustre bien la sélectivité actuelle des investisseurs. Inficon, Vat Group et Sika progressent entre 8% et 16% sur le mois, avec ABB et Georg Fischer en hausse d’environ 6% à 9%. En bas de tableau, Barry Callebaut, Lindt & Sprüngli, Zurich Insurance et Swisscom reculent de 2% à 6%, pénalisés par un contexte plus exigeant pour les valorisations défensives.

Pour l’investisseur de long terme, la performance mois‑à‑date rappelle que les indices masquent des écarts considérables entre gagnants et perdants.

Sur les matières premières, le Brent reste sous tension mais ne monte plus en ligne droite. Les contrats à terme juin 2026 se traitent autour de Usd 95 le baril. Le marché intègre désormais l’idée d’un risque géopolitique durable, tout en commençant à escompter un scénario de désescalade, alors que des banques comme J.P. Morgan continuent de prévoir un prix moyen du Brent nettement plus bas sur l’ensemble de 2026.

Côté crypto‑actifs, Bitcoin évolue autour de Usd 74'000 et Ethereum près de Usd 2'370, au‑dessus de leurs niveaux de fin mars mais encore en dessous des sommets de 2025. La volatilité reste élevée, alimentée notamment par les informations selon lesquelles l’Iran souhaiterait facturer une partie des droits de passage pour les navires traversant le détroit d’Hormuz en cryptomonnaies, principalement en Bitcoin, afin de contourner davantage le système dollar et les sanctions occidentales.

Sur le front des taux, le rendement du Treasury américain à 10 ans gravite autour de 4.3%, légèrement au‑dessus de son niveau de début de mois mais sans rupture de tendance. Cette stabilité relative, malgré un pétrole cher et des tensions régionales, suggère que les investisseurs croient encore à un atterrissage en douceur de l’économie américaine et à un cycle de baisse des taux directeurs qui se décale dans le temps, mais ne disparaît pas.

Quelques chiffres

  • La Chine affiche une dépendance énergétique modérée (15–25 %) grâce à son charbon, ses renouvelables et son nucléaire, contre 55–65 % pour l’Union européenne.

  • En 2025, la Chine a exporté environ 5,3 millions de voitures, dopée par des VE à moins de 10 000 $, tandis que les États‑Unis n’en ont exporté qu’environ 1,3 million, pénalisés par leur focus SUV/pick‑up peu exportables.

  • Sept grandes chaînes hôtelières doivent ensemble 11,6 Mrd $ en points non utilisés à leurs clients, dont près de 4 Mrd $ pour Marriott et ses 271 millions de membres Bonvoy.

Editorial

Armin on X

OpenClaw : quand une idée vaut mille employés

OpenClaw n’est pas un gadget de plus dans l’actualité de l’IA, c’est un changement de paradigm. Créé par l’Autrichien Peter Steinberger, cet agent numérique peut prendre le contrôle de votre ordinateur, ouvrir vos logiciels, cliquer, coder, tester, documenter, comme le ferait un collaborateur très discipliné, mais sans jamais se fatiguer. Là où la génération précédente d’IA répondait à des questions dans une fenêtre de chat, OpenClaw exécute des projets entiers dans votre environnement de travail numérique.
Après le Covid, nous avons appris à distinguer “travail au bureau” du “télétravail”. Cette distinction est déjà dépassée. Avec des services comme Claude Dispatch, vous pouvez donner des instructions à votre ordinateur depuis un bus, un salon de massage ou une plage ; en arrière-plan, des agents comme OpenClaw enchaînent les tâches, mettent à jour des fichiers, lancent des simulations. La question n’est plus “où travaillons-nous ?”, mais “quand cessons-nous vraiment de travailler, si notre double numérique, lui, travaille en permanence ?”.
Ce basculement change profondément la trajectoire des idées. Peter Steinberger raconte que la première version d’OpenClaw lui a pris environ une heure, avant que l’outil ne soit repris, amélioré, déployé par des centaines de milliers d’utilisateurs. Pour ceux qui comprennent ces nouveaux outils, le chemin entre une intuition et un prototype fonctionnel se mesure désormais en heures plutôt qu’en mois : on formule un objectif, on laisse l’agent exécuter, on corrige à la marge. Dans l’ancien monde, une idée ne suffisait pas. Il fallait recruter une équipe, former, expliquer, répéter, parfois pendant des mois, avant de voir apparaître un premier produit utilisable. Les coûts fixes, les lenteurs humaines, la rotation du personnel faisaient partie des impondérables qu’il fallait gérer. 
Pour les entreprises établies, la conséquence est claire : le problème n’est plus de recruter des bataillons de jeunes diplomés, mais de trouver les rares personnes capables de penser juste, très vite, et de travailler main dans la main avec ces outils. Au lieu d’équipes entières, on recrute des tandems : un profil avec la vision, la compréhension fine d’un secteur, et un profil capable de transformer cette vision en produit ou en service en quelques heures grâce aux agents d’IA. Ou, plus radicalement encore, on cherche les individus capables d’incarner ces deux dimensions à la fois et de se “dé-multiplier” grâce à leur workforce numérique.

Les investisseurs parlent déjà du “one-man unicorn”. Des analyses évoquent des fondateurs capables de bâtir des entreprises à forte croissance avec un noyau minuscule de personnes, appuyées sur des armées d’agents logiciels. En 2025, l’on parlait d’employés augmentés grâce à l’IA (augmented employees). Aujourd’hui, cette idée est complétement dépassée, l’IA est le point de départ, la fondations du projet (from the gound-up).

On imagine souvent OpenClaw comme un moyen de gagner du temps ; on oublie que, pour beaucoup, il créera surtout un retard. D’un côté, une petite minorité qui conçoit des produits, teste des marchés, lance des entreprises presque seule ; de l’autre, une majorité qui utilise encore l’IA comme un moteur de recherche un peu amélioré. Entre ces deux mondes, l’écart de compétences, de patrimoine, de pouvoir de négociation pourrait devenir comparable à celui qui séparait, au XIXe siècle, les entrepreneurs industriels des ouvriers non qualifiés. La question qui se pose déjà à nos clients est simple : dans quelle classe veulent appartenir leurs enfants, et comment les y préparer.

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Patrimoine

La SCI, les écueils à connaitre

En France, la SCI est en principe transparente : les loyers et charges remontent directement chez les associés, imposés à l’impôt sur le revenu, tant que la société reste dans une activité civile (détention, usage personnel, location nue). Dès que la SCI commence à louer le bien en meublé, même de manière ponctuelle via une plateforme de type Airbnb, l’activité devient commerciale et la SCI bascule automatiquement à l’impôt sur les sociétés, de façon irréversible. Le régime change alors de nature : la société peut amortir l’immeuble, mais elle doit se comporter comme une société commerciale, tenir une comptabilité plus poussée, déclarer un résultat imposable à l’IS et ne plus loger gratuitement ses associés, sous peine de « gestion anormale ». Concrètement, le gérant doit soit faire payer un loyer de marché aux associés, soit fixer un loyer théorique pour le calcul de l’IS, ce qui surprend souvent les familles qui voulaient simplement « couvrir les charges » quelques semaines par an.

Indépendamment de la location, une SCI française de villégiature doit être gérée comme une petite entreprise : compte bancaire séparé, suivi des flux, décisions formalisées, même simples. La valeur de la société repose sur un actif net clair (valeur du bien moins dettes) ; sans bilan ni comptabilité, l’administration est fondée à reconstituer elle-même la valeur, souvent de manière conservatrice, avec des conséquences immédiates en cas de contrôle ou de contestation ultérieure. Les apports des associés sous forme de « comptes courants » (avance faite à la SCI pour financer l’achat, les travaux, le remboursement du prêt) doivent être encadrés par un contrat de prêt et tracés, faute de quoi ils risquent d’être requalifiés en flux atypiques, avec une lecture fiscale moins favorable. Pour un propriétaire, les bonnes questions sont simples : le bien est-il utilisé uniquement par la famille, ou partiellement loué ? Si oui, sous quelle forme (nue ou meublée) et avec quel impact sur le régime fiscal de la SCI ? Les flux financiers entre la société et les associés sont-ils clairs, écrits, justifiables dans la durée ?

Beaucoup de difficultés viennent de situations intermédiaires mal documentées : la maison est surtout utilisée par la famille, mais parfois prêtée à des amis qui participent « aux frais », ou louée de temps en temps via une plateforme sans que personne ne sache vraiment si l’on est encore dans une activité civile ou déjà dans une logique commerciale. De même, certains associés avancent davantage de trésorerie que d’autres pour les travaux, sans convention écrite ni mécanisme clair de remboursement, ce qui crée à la fois un risque fiscal et un ressentiment potentiel. Enfin, la mise à disposition gratuite du bien au profit des associés est admise, mais doit être encadrée par une décision formelle de la SCI, et cohérente avec le reste de la documentation (statuts, procès-verbaux, convention d’occupation), de façon à pouvoir être expliquée simplement en cas de question de l’administration. En pratique, prendre le temps d’écrire qui peut utiliser la maison, à quelles conditions, comment sont traitées les périodes « mixtes » (amis, location ponctuelle) et comment sont gérés les apports et remboursements entre associés, permet de sécuriser la SCI sans l’alourdir.

Les bals les plus réussis sont ceux dont on parle le plus sans y être allé

Salvador Dali

A propos de B-R & H Finance

Fondée en 2004, B-R & H Finance SA est une entité suisse spécialisée dans la gestion de patrimoines. Nous avons une gamme complète de services et de conseils en investissements, personnalisés et indépendants. Sous la réglementation de SO-Fit et avec l'agrément de la FINMA, nous sommes également membres de l'ASG (Association Suisse des Gérants de Patrimoine Indépendants) et travaillons avec des banques dépositaires de premier plan.

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