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Revue de marché

B-R & H Finance - Niveaux indicatifs - 01.04.2026 / 12h

B-R & H Finance - Niveaux indicatifs - 01.04.2026 / 12h

Pétrole, taux, volatilité : Le réveil brutal des marchés

Un mois de conflit ouvert en Iran commence à laisser des traces visibles sur les marchés. Les indices américains ont aligné cinq semaines de baisse consécutives, une première depuis 2022 : le S&P 500 et le Nasdaq ont terminé vendredi sur leurs plus bas depuis la fin de l’été, et le Nasdaq est entré en territoire de correction, avec plus de 10% de recul par rapport à son pic.

Derrière les indices, le discours se tend mais ne bascule pas encore dans le scénario de crise. Plusieurs banques d’investissements estiment qu’une nouvelle baisse de 5 à 10% du S&P 500 ferait apparaître des points d’entrée intéressants au regard d’une croissance nominale encore solide et de l’absence de signaux immédiats de récession, surtout si la Fed adoptait un ton plus conciliant face au durcissement des conditions financières. Le marché est en train de passer d’un récit de « soft landing avec plusieurs baisses de taux » à un régime plus inconfortable : « taux durablement élevés, primes de risque plus larges ».

Dans les chiffres, le contraste est net. Sur le mois, la meilleure tenue vient des valeurs liées à l’énergie et aux matières premières, tandis que les poches les plus sensibles aux taux; technologie, services de communication, immobilier coté, accusent les replis les plus marqués. Les portefeuilles les plus exposés à la “duration” actions ou aux marchés émergents ont davantage souffert, alors que certains segments plus “value” et défensifs ont joué leur rôle d’amortisseur.

Sur les taux, le mouvement est spectaculaire. Le 10 ans américain est revenu flirter avec ses plus hauts de l’année autour de 4,5%, le 30 ans s’est approché des 5%. En Europe, le 10 ans français a touché 3,88%, un sommet depuis 2009, malgré un déficit 2025 un peu meilleur que prévu à 5,1% du PIB. En un mois, le 2 ans allemand a pris près de 70 points de base, le 2 ans américain environ 55 points, signe d’un renversement complet des anticipations monétaires : les investisseurs, qui espéraient encore des baisses de taux, se préparent désormais à la possibilité de nouvelles hausses et, surtout, à l’idée que les taux réels resteront élevés plus longtemps que prévu.

Le baril de WTI a continué de progresser nettement, prolongeant la hausse déclenchée par la guerre en Iran et alimentant le débat sur un choc d’offre plus durable qu’anticipé. Cette combinaison pétrole cher / taux plus hauts renchérit le coût du capital pour les entreprises et explique en partie la sous‑performance des secteurs de croissance, alors que certaines sociétés industrielles ou financières bénéficient encore de bilans plus solides et de valorisations moins exigeantes. Pour les indices globaux, le message est celui d’un rééquilibrage forcé après deux années dominées par la technologie américaine.

L’or, lui, a corrigé depuis son record de janvier autour de Usd 5'589 l’once vers une zone de Usd 4'430–4'450, mais reste très au‑dessus des niveaux de début 2025 (moins de Usd 3'000).

Pour l’investisseur de long terme, ce mois de stress rappelle surtout l’importance de la diversification entre régions et secteurs. Les portefeuilles qui combinaient énergie, valeur européenne et poches défensives helvétiques amortissent nettement mieux la baisse des grands indices mondiaux dominés par la technologie américaine.

Quelques chiffres

  1. L’AIEA estime que la capacité nucléaire mondiale, aujourd’hui autour de 370–380 GW avec un peu plus de 410 réacteurs en service, pourrait atteindre jusqu’à 950 GW en 2050 dans son scénario haut, plus du double du niveau actuel.

  2. D’après le World Nuclear Industry Status Report, il faut en moyenne environ 5–6 ans pour construire un réacteur en Chine ou en Corée du Sud, contre 8–10 ans aux États‑Unis et plus de 15 ans pour des projets récents comme Flamanville‑3 en France ou Olkiluoto‑3 en Finlande.

  3. Selon le dernier baromètre Ipsos‑BVA pour Orano, 61% des Français considèrent désormais le nucléaire comme un atout pour le pays, contre seulement 6% qui y voient un handicap ; ce soutien est majoritaire dans presque tous les courants politiques, à l’exception des électeurs écologistes, qui n’y sont favorables qu’à 47% .

Editorial

Wikipedia - Official White House image.

Un accord, trois religions, un même visage

Pour le judaïsme, Abraham naît « à Ur des Chaldéens », quelque part entre l’Irak et la Turquie actuels, avant de partir vers Harran puis Canaan sur un simple appel : « quitte ton pays ». Il devient le premier à rompre avec les idoles de sa ville, le père d’Isaac et l’ancêtre du peuple d’Israël, celui avec qui Dieu passe une alliance.

Pour le christianisme, Abraham est ce même homme, lu à travers un prisme particulier : non seulement ancêtre de Jésus, mais surtout modèle de la foi, « père de tous les croyants » parce qu’il a fait confiance avant même qu’il y ait une Loi ou une Église. Sa figure naît dans l’Ancien Testament, puis traverse le Nouveau comme un fil rouge : celui qui marche dans la nuit avec juste assez de lumière pour le prochain pas.​​

Pour l’islam, Ibrahim est encore la même figure, mais développée autrement : un prophète, « ami de Dieu » (Khalil-Allah), un croyant qui redécouvre le Dieu unique au milieu des statues de pierre. Le Coran en fait le père spirituel des musulmans, celui qui, avec son fils, relève les fondations de la Kaaba à La Mecque, centre du pèlerinage musulman, inscrit dans une tradition strictement monothéiste.

Une même histoire, racontée différemment

On retrouve dans les trois traditions des scènes communes : un départ du pays natal, des disputes familiales, des négociations avec les puissants, et surtout cette montée angoissante vers la montagne où un fils doit être sacrifié. Dans la Bible juive et chrétienne, ce fils s’appelle Isaac ; dans la tradition musulmane, c’est Ismaël, l’aîné.
Mais le cœur du récit est le même : au dernier moment, le couteau s’arrête, et un bélier remplace l’enfant sur l’autel. La scène est suspendue : la respiration coupée, le silence sur la montagne, puis le bruissement du bélier pris par les cornes dans un buisson.

Abraham et Pâques : un écho

À l’approche de Pâques, le christianisme relit cette histoire comme une sorte de préfiguration de la Passion : un père, un fils, un bois porté jusqu’au lieu du sacrifice, et l’idée qu’un don de soi peut changer le cours de l’histoire. La différence est décisive : Isaac est finalement épargné, alors que, dans la foi chrétienne, le Christ va jusqu’au bout de la croix ; d’où l’idée que plus aucun sacrifice humain n’est légitime ni nécessaire.
Au fond, une seule question demeure : jusqu’où va la confiance, et qu’est-on prêt à sacrifier au nom de Dieu ?

Un nom pour la politique d’aujourd’hui

Quand, en 2020, Israël et plusieurs États arabes signent des accords de normalisation et décident de les appeler « Accords d’Abraham », ils ne choisissent pas un mot au hasard. Ils misent sur l’image d’un ancêtre commun, antérieur aux frontières, aux drapeaux et aux guerres récentes, pour recouvrir de symboles une convergence d’intérêts très contemporaine : sécurité, technologie, tourisme, investissements croisés.
La scène est facile à imaginer : d’un côté, des stylos alignés sur une table blanche, des poignées de main, des drapeaux soigneusement cadrés ; de l’autre, en surimpression, ce vieux nom venu du désert, Abraham, qui a connu les disputes d’héritage, les exils, les renoncements. Entre les deux, il y a le pari, ou l’illusion, que rappeler une origine partagée peut atténuer, un peu, la violence du présent.

Que reste-t-il quand le symbole retombe ?

Abraham est une figure double : pont potentiel entre Juifs, chrétiens et musulmans, mais aussi point de discorde, chacun se disant héritier authentique de sa promesse. Les Accords d’Abraham n’effacent ni les injustices ni les conflits ; ils montrent simplement que, parfois, la politique va chercher dans les récits les plus anciens de quoi habiller ses compromis les plus modernes.

Reste cette image simple, à quelques jours de Pâques : un homme lève le couteau, au bord de l’irréparable suspend son geste. C’est peut-être là que se joue le véritable « accord d’Abraham » : dans cette seconde suspendue où l’on renonce à sacrifier l’autre, et où l’on accepte que, même au cœur du drame, la vie innocente est épargnée.

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Investissements

B-R & H Finance

Les “Magnificent 7”

Les “Magnificent 7” traversent une phase compliquée : leurs cours ont corrigé, mais leurs profits n’ont jamais été aussi élevés. Collectivement, ce panier se traite aujourd’hui avec une prime nettement plus faible qu’au sommet du cycle 2024–2025, alors que les bénéfices continuent de progresser et que les révisions des analystes restent globalement orientées à la hausse.

En pourcentage, ces sept valeurs pèsent autour d’un tiers de la capitalisation du S&P500 ; en valeur absolue, ce sont surtout des machines à générer des profits. Elles ne s’échangent plus aux niveaux stratosphériques qui nourrissaient le discours de “bulle” d’il y a quelques mois. Au total, le panier Mag 7 se situe autour de 21.5× les bénéfices à un an, dans un contexte où le Nasdaq 100 n’a plus inscrit de plus-haut historique depuis une centaine de jours, l’une des plus longues séquences depuis 2017.

On observe le même mouvement titre par titre : Nvidia se traite autour de 20× ses bénéfices à 12 mois, contre une moyenne de près de 48× sur cinq ans ; Amazon autour de 22× (contre 32x sur 5y) ; Microsoft autour des 20x alors que son chiffre d’affaires progresse d’environ 20% par an ; Meta (PE de 16x), enfin, a vu son cours de bourse déviser de –8% sans nouvelle dans le marché.

Historiquement, ces groupes affichaient des marges brutes de 40–50%, une structure très légère en actifs, une croissance à deux chiffres et peu de concurrence. Désormais, ils réinvestissent une part très importante, parfois la quasi‑totalité, de leur trésorerie dans des infrastructures lourdes (centres de données, semi‑conducteurs, réseaux), ce qui alimente le discours des sceptiques sur la soutenabilité des marges. Mais dans ce contexte, Nvidia profite du mouvement ; sur le dernier trimestre publié, Nvidia affiche une marge brute proche de 78–80%, avec des marges opérationnelles elles aussi exceptionnellement élevées pour un industriel. Cela renforce encore l’idée que chaque dollar de capex investi par les géants du cloud se traduit, pour Nvidia, par un volume de profits très supérieur à celui d’un fabricant de semi‑conducteurs “classique”.

Si l’on additionne les bénéfices attendus de Microsoft, Apple, Alphabet, Amazon, Meta et Nvidia, on approche un ordre de grandeur qui se compte en centaines de milliards de dollars par an, avec plusieurs groupes capables individuellement de générer plus de Usd 80–100 milliards de profit opérationnel dans un futur proche.

Pour un investisseur de long terme, la question n’est pas “à quel PER achète‑t‑on ces valeurs ?”, mais : peut‑on faire l’impasse sur ces valeurs à ces niveaux de valorisation ?

On peut nouer un fil rompu, mais il y aura un noeud au milieu

Proverbe Perse

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